mercredi 16 décembre 2009

Boxing king

Berlusconi s’est fait entarter, et c’était moins sucré qu’avec Noël Godin. Cela m’a toutefois rappelé un gala de boxe où je me suis rendu la semaine dernière. Les combats étaient remarquables mais c’est Jean-Paul Belmondo qui m’aura marqué.

Un peu de façon imprévue je me retrouvais donc au Cirque d’hiver, entre Bastille et République, invité par Pascal, mon vieil ami toulonnais. En fait de toulonnais, j’y retrouvais aussi le grand Manu et le souvenir d’avoir assisté à mon dernier combat de boxe lors d’un quelconque meeting sur le port du Mourillon dans les années 80. A cette époque, on voyait plus souvent les boxeurs et leur entourage au stade Mayol, pour les grosses affiches type Stade Toulousain, Agen ou le costaud Narbonne d’alors, cher à mon autre ami Philippe. C’était pittoresque.

En fait, un public de boxe, c’est toujours pittoresque. Ceux qui pratiquent, ceux qui supportent, ceux qui s’encanaillent, ceux qui se montrent, ceux qui roulent des biceps, ceux qui ne reviendront pas, et tous les autres, en passant par celui qui montre sa dernière conquête.

Au milieu de tous, entre Michel Acariès et Gérard Darmon, juste avant le tout premier combat, Jean-Paul Belmondo est arrivé, belle gueule, sourire aux lèvres et chemise ouverte sur l’oxygène des gants de cuir. Comme un jeune homme. M'est alors revenu ce souvenir d'enfance lorsque, à ma mère qui me questionnait sur mon avenir professionnel je répondais : « je veux faire Jean-Paul Belmondo ». Vivre comme lui en grimpant partout, en balançant une grande tirade et des grandes poires, en ayant au bras musclé les plus belles femmes, en vivant à cent à l’heure et devenant le pote du monde entier. Il était là, sous mes yeux et je ne l'ai pas lâché. Durant deux heures, il n'aura rien raté, s’émerveillant du jeune Ahmed stylé, du petit taureau Rachid ou de Karl le surpuissant. Il semblait être là où il fallait qu'il soit, vivant, au plus près du combat. A quoi pensait-il ?

A la fin du meeting, nous l’avons vu sortir avec peine de l’enceinte, s’appuyant sur des cannes mais fier et heureux. Parfois, dans la vie comme dans un gala de boxe, certains tombent et d’autres restent debout, certains brillent et d’autres galèrent, quelques-uns sont beaux et doués tandis que beaucoup d’autres, sans génie, doivent garder courage. Peut-être pensait-il à cela et que jusqu’à ce qu’il tombe une dernière fois, sous le coup du sort, un grand boxeur reste toujours un grand boxeur s’il se bat jusqu’au bout.

Je n’ai pas « fait Jean-Paul Belmondo » mais j’aimerais, lorsque j’aurai son âge, avoir le même sourire que le sien, sur mes lèvres, à la sortie d’un gala de boxe.

mercredi 9 décembre 2009

Homélie Mauresmo

C’est toujours pareil. Quand un sportif prend sa retraite on parle de « petite mort ». Si c’est un sportif célèbre, on en parle beaucoup. Si c’est dans une période creuse, on en parle trop.

Amélie Mauresmo est une sportive, célèbre, et elle vient d’annoncer l’arrêt de sa carrière au cœur d’une semaine sans événement sportif majeur. Mais ça fait moins d’effet que mon revers.Dommage. Quand on a le courage à 19 ans, dans un monde de conservateurs privilégiés et au milieu de sa première finale de Grand Chelem, de se mettre en danger en annonçant son homosexualité, quand on a le talent de se relever de plusieurs échecs, de devenir n°1 et de gagner Wimbledon, quand on a un réel amour du sport au milieu d’océans de dollars, quand on a eu tout cela, on mériterait plus d’hommages.

Mais bon, la parité n’est toujours pas ce qu’elle devrait être. Pourtant, la philosophe suisse Martina Hingis avait dit d’elle qu’elle était « à moitié homme ». Cette insulte crétine ne lui aura même pas servi à avoir la moitié de la reconnaissance qu’un tennisman français avec le quart de son palmarès aurait reçu.

Au lieu de ça, il nous faut supporter régulièrement les âneries d’Henri Leconte, con sultan pour France TV.

jeudi 3 décembre 2009

Chiens et phrasés 2

Les suisses ont dit « non » à la construction de minarets sur leur sol tandis que les journalistes sportifs votaient en masse pour Messi. Certains sont plus prophètes que d’autres hors de leur pays.

Tiger Woods demande pardon pour sa conduite ces derniers mois : « J'ai déçu ma famille et je regrette de tout mon coeur ces transgressions ». On savait que le Tigre n’était pas de papier, on sait maintenant qu’il n’est pas de bois non plus.

La première secrétaire du PS achève, ce mercredi, le Tour de France du projet du parti socialiste et l’on devine avec quel maillot. Le vert étant déjà enfilé par ailleurs, le jaune non attribuable avant 2012, reste celui à pois du meilleur grimpeur. Un bel encouragement.

Selon Noël Mamère, « si Greenpeace n'était pas intervenu (dans l’hémicycle aujourd’hui), on n'aurait pas parlé de Copenhague ». C’est comme les All Blacks. S’ils n’étaient pas venus, on n’aurait pas reparlé de la ligne Maginot.

Martin Hirsch n’aime pas les gros salaires et Henri Proglio à 1,6 million d’euros l’année ça ne lui plaît pas. On voit bien qu’il ne va jamais voir des matchs de foot.