dimanche 8 novembre 2009

Le kynodesme


Il paraît qu’avant, dans l’antiquité, les Jeux Olympiques ressemblaient au Cap d’Adge l’été. Une spartiate’touch qui avait mis au placard la mode du caleçon moulant apporté par les Minoens. C’était, semble-t-il, pour être plus à l’aise dans la performance. Moi je dis qu’ils étaient un peu exhib. Surtout quand on sait que les seules personnes qui ne pouvaient pas assister aux Jeux étaient les femmes mariées. Les hommes, la grande prêtresse de Demeter (je vous la présenterai) et les jeunes filles oui, les baronnes, à la piaule. Un peu comme si les femmes des joueurs de foot d’aujourd’hui étaient interdites de stade alors que leurs amoureux gambaderaient in naturalibus devant un parterre de minettes et de jolis garçons.

Ou bien c’était une partie de leur culture qui n’avait pas encore avancé ou alors ils étaient bien vicelards les premiers de la piste. En tout cas ils étaient coquets puisqu’ils portaient quand même une fine bande de cuir, le kynodesme, autour du prépuce. L’ancêtre du bandeau dans les cheveux …

Le fait est que ça ne pouvait pas durer.

Déjà, pour les sports collectifs vous faites comment ? Les nus d’un côté et les sans culottes de l’autre ? La natation ça passe encore mais le 110 m haies ? Et le Tour de France ? Non, vraiment c’était une très mauvaise idée et ils en conviendraient. Surtout qu’avec la télé, les gros plans et tout le toutim, déjà qu’on en voit certain(e)s répondre aux itw toujours du même côté parce que c’est leur meilleur profil, là, il faudrait quasiment qu’ils (elles) inventent de nouvelles techniques.

Non, nous on est moderne maintenant. On s’habille et on s’écrit dessus. Comme ça on communique. Par exemple, Kool Shen va avoir son nom et celui de son album sur le maillot de Lyon pour le prochain OL/OM. Un cadeau d’un site de paris sportifs en ligne qui ne peut occuper cette place qu’il a déjà payée. C’est malin sauf si vous ne citez pas son nom mais juste celui de Kool Shen. Ils devraient mettre aux enchères l’emplacement pour le match d’après. Ce serait rigolo que ce soit la Française des Jeux qui les remportent. Enfin, pas pour le fameux site. Lui, ça lui serrerait plutôt le kynodesme

vendredi 6 novembre 2009

Un ange passe


Après les chanteurs, les sportifs. On a connu le succès (enfin lui surtout) de Grégoire, sponsorisé par les internautes via le site MyMajorCompany. Pas grand chose depuis mais ça ne fait rien, un concept marketing qui a fait « sa » preuve c’est un concept marketing qui a « un » potentiel. Et s’il est déclinable ne nous en privons pas. Après la musique donc, le sport.

Un multicoque ? Non, trop coûteux. Une équipe de foot ? Non, trop trop coûteux. Une écurie de Formule 1 ? Non, trop trop trop coûteux.

On va plutôt faire dans le tennis.

Quelques boites de balles, des déplacements en train ou en bus à l’ancienne, une ou deux raquettes, un polo Lacoste et en route vers les Masters ! Bon, pour l’instant ça démarre, hein, sur www.tennis-angels.com. La plus « soutenue » par les internautes, Claire Feuerstein, est à 6 460€. Ca va l’aider bien sûr mais quand même, va falloir sortir les oursins des poches sinon, elle va pas tutoyer les anges longtemps. Quand on voit les fringues qu’il faut pour aller aux soirées avec Sharapova ou les sœurs Williams, ça va vite lui grever son budget à la petite. Non moi ce que je dis c’est que ça permet de se rendre compte que l’on ne croit plus vraiment dans notre jeunesse.

Sauf dans le golf.

Là on est solidaire. Il n’y a pas de Golf-angels.com (allez-y, googleisez vous verrez). Tout le monde se serre les coudes. Les parents (qui ont vendu les voitures et se sont mis aux Cartes Flying Blue Platinum), les amis (qui ont le parcours derrière la maison), les grands-parents (qui prennent en charge le matériel chaque année) et ce moniteur si sympa qui dort parfois à la maison. Non, y a pas à dire, heureusement qu’il reste des valeurs parce que voir ce spectacle affligeant à la limite de la prostitution moi je dis c’est franchement limite. Bien sûr il y a toujours espoir qu’il y ait un(e) « Grégoire » du sport alors, vu qu’elle est en tête autant qu’elle continue. Mais enfin, pourquoi elle se mettrait pas au golf la petite Claire ? Ce serait plus simple non ?

En attendant, moi, je vais aller créer Footeuxprofessionnels-angels.com. Avec tous les problèmes de DIC qu’ils ont, faut montrer un peu de solidarité en période de crise quand même.

jeudi 5 novembre 2009

The right place


On dit dans ce cas que c’est l’histoire d’un talent ou d’un caprice. La saga presque banale d’une forte personnalité au talent naissant qui trouble son monde par l’apparence d’une trop grande science du Je.

Ils ont été nombreux comme ça, déboulant avec la fraîcheur d’une nouveauté, les poches remplies d’aspiole et le visage porteur d’un futur plus beau, mais ne rencontrant jamais l’écho d’un terrain d’expression. Souvent, cette situation se vit au cœur des sports collectifs, là où chacun doit jouer pour l’équipe, pour les autres et pour lui. C’est alors que les priorités paraissent s’inverser et le « pour lui avant tout autre » porter les traits de la suffisance et de l’égoïsme. Si le talent se confirme dans l’immense, on pardonne longtemps. Mais si le sentiment perdure, si « les autres » ne supportent plus de passer après ce qui leur semble un excès, des caprices ou des passe-droits, alors la fronde s’élève et le talent ne suffit plus. Même s’il y a méprise, il n’y a plus de défense possible. Il faut partir.

Les premiers à faire les yeux doux sont souvent les plus grands adversaires d’avant, arguant de leur volonté de faire éclore ce qui n’a pu s’exprimer. L’offre est souvent alléchante, parfois c’est même une nouvelle vie qui s’offre, at the right place. On en profite alors pour s’ouvrir aux autres et ça devient une autre version de la théorie de l’évolution. Parfois aussi, le mal-être se confirme et la pente devient terriblement abrupte.

On a vu passer comme ça d’illustres inconnus, "champions du monde" poussins puis perdus. On a aussi connu des Cantona. Je me plais à penser que Rama Yade devrait se présenter aux municipales en Angleterre, à Manchester.

mercredi 4 novembre 2009

Antikop

C’est dingue cette histoire de hand-ball féminin. Vous avez sans doute vu cette vidéo où Gunnar Prokop, entraîneur de l’équipe autrichienne de Niederösterreich et huit fois vainqueur de la Ligue des Champions, rentre sur le terrain sur la dernière contre-attaque de l’équipe de Metz pour l’empêcher d’avoir une ultime occasion de remporter le match. On parle de lui maintenant comme de l’entraîneur le plus anti-sportif de l’histoire. Espérons qu'il gagne ce prix.

Suspendu pour trois ans de toute compétition organisée par l'EHF, il devra également payer une amende de 45 000 euros, a été banni à vie de toute fonction au sein de la fédération et son club se voit infliger une amende de 30 000 euros. Mais comme c’est un homme rigoureux, il a fait appel, estimant que la fédération européenne «doit respecter ses propres statuts et son propre règlement, ce qui n'a pas été le cas avec la décision rendue ». On ne rigole pas avec le respect chez Gunnar Prokop.

La presse autrichienne en profite pour rappeler qu’il a fait la une des journaux pendant des années pour de nombreux propos misogynes. Un entraîneur d’une équipe féminine qui méprise les femmes ça doit pas être loin du sadisme ou d’un truc comme ça. En tout cas, lui expliquait qu’il n’avait pas vu d’autres solutions pour éviter de perdre le match. Ca montre le niveau de réflexion d'un homme élu entraîneur du siècle en 2007 (j'espère qu'ils parlaient du XXème). Et encore heureux qu’il n’y ait pas eu d’armes à feu sous ses yeux à ce moment-là, on se demande ce qui lui serait passé par la tête.


You'll never score alone


« Chaque pas doit être un but ». On dirait la maxime d’un club de foot mais ce n’est que le titre des Mémoires partiels de l’ancien Président de la République, Jacques Chirac. Vous me direz, c’est le temps des prix littéraires alors tant qu’à faire autant profiter du swell. On le retrouve bien là, avec un air de « comment ? hein ? quoi ? ha non, j’avais pas fait gaffe » d'autant que l'on n'apprend visiblement pas grand chose. Mais pour lui c'était sans doute important. Ca détend son homme en plein chemin vers la correctionnelle et l’exhumation de pratiques ancestrales. Et c’est marrant tiens, ça tombe en même temps qu’une autre exhumation, celles des rémunérations, de footballeurs, déguisées en contrats publicitaires. Ca se faisait du côté de Paris paraît-il ... Peut-être qu’en fait c’était une coutume locale comme d’autres ont la pelote, les ortolans ou la vendange tardive …

« Chaque pas doit être un but ». On revoit Jacques Chirac à la finale 1998, play-backant les noms des joueurs de l’équipe de France, hurlant à tue-tête des blazes inconnus à quelques Z et quelques B près. B comme Bordeaux d’ailleurs qui, ce soir, a fait deux pas ("but" en chirac) contre le Bayern dont un, plus important, vers la qualification en huitièmes de finale. Déjà qualifié dans un groupe Juve / Bayern, on est bien loin du vieux slogan de l’actionnaire principal qui se voyait comme une petite chaîne qui monte et sans doute beaucoup plus proche d’une grande équipe qui grimpe à toute allure. Laurent Blanc a la grande classe, celle des hommes à qui rien ne semble pouvoir être impossible, tout dans la maîtrise, la justesse, l’intelligence. Et le partage de ses qualités, qui commencent à transparaître dans son équipe, dans les déclarations de ses joueurs. Bien sûr il y a encore les éternels 3 points pris qui ne sont plus à prendre et les matchs les uns après les autres qui traînent. Mais écoutez les bordelais parler, ils progressent aussi de ce côté-là et c’en devient agréable de ne plus subir l’itw d’un joueur de foot formaté aux fondamentaux rigides de la communication contrôlée tendance « double talk ».

« Chaque pas doit être un but ». Demain les anglais de Liverpool seront à Lyon avec leur fameuse devise « You’ll never walk alone ». Sans Gerrard et avec un demi-Torres ça va être compliqué pour eux de ne pas se sentir seuls. Sans doute un peu comme Jacques Chirac qui dans quelques jours, pour se donner du courage, devra penser bien fort au dernier couplet de la chanson des liverpuldiens : Walk on, walk on with hope in your heart,
and you'll never walk alone,
you'll never, ever walk alone.
Walk on, walk on with hope in your heart,
and you'll never walk alone,
you'll never, ever walk alone.

« Chaque pas doit être un but ». Quand il n’y en a qu’un à faire, c’est le dernier qui compte.

mardi 3 novembre 2009

Culture desport


Les prix littéraires arrivent, Goncourt, Renaudot ce jour. Marie N’Daye aime-t-elle le triathlon ? Frédéric Beigbeder est-il fou de surf ? Je ne sais pas, mais j’ai eu la chance de tomber sur un vieil article paru en 2000, qui recense de manière incroyable le lien qui unit depuis la nuit des temps, écrivains et desport comme le nommait Rabelais dans Gargantua. Une anecdote que vous connaissez peut-être déjà et que vous retrouverez parmi tant d’autres sur http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=36207.

Allez-y c’est une mine d’or.

On aimerait que cela détruise encore un peu plus ces vieux préceptes du genre « tout dans les jambes et rien dans le casque ». On souhaiterait que cela donne envie de (re)lire les Chroniques d’Antoine Blondin sur le Tour de France (avec une pensée pour Roger Blachon), les célébrations, par Homère ou Plutarque, des athlètes au Jeux Olympiques ou encore Carton Jaune de Nick Hornby et toute la magie de l’amour des anglais pour leur club de foot (ici Arsenal).

On souhaiterait que ces exemples légendaires fassent réfléchir sur la bêtise qui consiste à ne voir chez les sportifs (et ceux qui les suivent) que des abrutis et chez les rats de bibliothèques des élus de l’espèce humaine. On espère qu’ils permettent à tout un chacun de constater que la recherche est la même, que finalement, vivre un événement sportif ou découvrir une création littéraire c’est rechercher une émotion, un rêve, une autre histoire que la sienne même si on la retrouve parfois.

Lisez, courrez ; lisez, tapez dans un ballon ; lisez encore et jouez au tennis, puis lisez et allez voir Irlande-France à Lansdowne Road. Ensuite vous pourrez lire et enchaîner avec un petit golf ; suivront une lecture et le résumé de la dernière journée NBA. Et finalement, après une relecture incontournable et une dernière partie de tennis vous pourrez vous coucher, empli(e) de vie, de connaissance et de réflexion. Et vous serez en forme pour vous lever le lendemain et attraper un livre avant de chausser vos pompes de jogging.

lundi 2 novembre 2009

Y a comme un DIC


C’est quand même le sujet du WE. Je ne parle pas de la victoire du RCF sur le Stade Toulousain mais de la suppression du DIC (droit à l'image collective), jeudi par les députés. Ce DIC permettait aux clubs d'être exonérés de charges sociales sur 30% des rémunérations qu'ils versaient à leurs joueurs. Roselyne Bachelot était pour, Rama Yade contre, Eric Woerth pour, Xavier Bertrand contre. On ne parle pas d’une même voix dans la majorité. A l’inverse, on n’en trouve évidemment aucune dissonante du côté des présidents de clubs de foot ou de rugby. Tous contre la disparition de cet avantage fiscal qui leur a permis de retrouver de la capacité de négociation avec des joueurs à qui les championnats étrangers faisaient les euros/livres doux. On parle de grève éventuelle ou de stars déjà en partance.

Ca a l’air grave …

Bon, cela a-t-il permis d’obtenir des résultats probants depuis sa mise en place en 2004 ? Sur le plan sportif , il n’y a pas eu « gavage ». Des champions d’Europe ? Oui côté rugby avec le Stade Toulousain en … 2005 puis plus rien. Et rien du tout en foot. C’est donc bien pauvre. Même si sur le plan financier il est difficile de ne pas constater la bonne santé des clubs, notamment comparé à de nombreux clubs en Europe où l’endettement est le plus souvent une forme de gestion. Enfin, côté stars pas grand-chose jusqu’à cette année, avec le maintien de Gourcuff à Bordeaux et les retours de Chabal et de Karabatic en France. Un constat à relativiser puisque c’est aussi parce que leurs clubs étrangers avaient des problèmes de gestion financière que ces succès ont pu être obtenus.

Tout cela est bien délicat.

Surtout quand Roselyne Bachelot évoque le fait que « notre pays traverse de grosses difficultés et beaucoup de Français n’auraient pas compris que ce système perdure." On parie que beaucoup de français ne comprennent déjà pas que pas mal d’autres systèmes perdurent sans qu’il en soit tenu compte ? …. Non, on a du mal à comprendre la stratégie. La défense du sport de masse contre le sport d‘élite ? Peut-être bien mais alors il va falloir revoir aussi le système économique du sport mondial qui participe du système économique mondial tout court. Pourquoi pas ? Toutefois on jurerait bien que tous les discours faits autour d’une moralisation de l’économie n’aient pas été suivis d’effets. Pourquoi serait-ce différent pour le sport professionnel ?

Quoiqu’il en soit, on sent que la principale motivation dans la mesure prise est d’emmerder le monde des clubs. Franchement, demander à ce que cela s’applique dès janvier 2010 alors que l'on sait pertinemment que les clubs se sont engagés sur des contrats pluriannuels en tenant compte du fait que cette mesure durerait jusqu’à 2012 comme prévu, si ça ce n’est pas chercher la grosse bête, il faudra m’expliquer.

Donc ça ne passera pas au Sénat début novembre, les députés reverront leur copie et tout cela rentrera dans l’ordre. Mais méfiez-vous messieurs les présidents, les réunions de 2012 se préparent déjà et certains sujets semblent devoir être réglés avant cette date, par ailleurs à référence présidentielle elle aussi …