dimanche 29 novembre 2009

Les Blacks effraient, l'Outrenoir soulage

Les Blacks sont passés par là et l’herbe du Vélodrome va avoir du mal à repousser. Parfois on boute les uns mais les autres reviennent, quelques mois plus tard, et avec eux la punition sévère, la fameuse fessée que d’aucune voudrait voir disparaître.

Les français venaient de battre les sud-africains, champions du monde en titre et vainqueurs du dernier Tri-nations. Les néo-zélandais venaient de récupérer le titre officieux de numéro 1 au classement actuel de l’International Rugby Board et sortaient vainqueurs de leur confrontation avec les Irlandais, sacrés lors du Tournoi des VI Nations. Il allait bien falloir décider qui était le chef et Marseille serait le juge de paix.

C’est toujours un bonheur de démontrer en terre de foot que l’on peut se confronter au plus profond des tripes, se violenter en règle, se malaxer en rythme, se rentrer dedans et se sortir dehors, puis se serrer la main et se féliciter. Il n’y a que le rugby pour offrir autant de fureur que de retenue, autant de défi que de respect, autant de fierté que d’humilité.

Les français et les néo-zélandais l’ont fait. Bien sûr les All Blacks ont été effrayants de vitesse, de maîtrise, de précision dans l’engagement total et l’organisation collective. Oui, ils avaient ce soir-là tous les talents et oui, même si les français sont mal rentrés dans leur match, ils ont déjoué car en face il y avait plus fort, plus vite, plus « oh ! ». Mais ce n’est pas l’important. L’important c’est un tel spectacle de si haut niveau à tous les niveaux, quelques jours après celui, pathétique, du Stade de France, les petits comptes d’apothicaires et les relents d’« A mort l’arbitre ! ».

Non, on ne vit pas QUE dans un monde de fous. Oui, le sport porte encore des valeurs et des espoirs. Il faut simplement savoir regarder un peu plus loin qu’un match, aussi important soit-il. Il y a toujours de la lumière derrière l’obscurité.

Entre deux grèves, Pierre Soulages expose en ce moment à Beaubourg. Dans sa biographie, on lit que cet homme cherche depuis plusieurs décennies à révéler « la réflexion de la lumière par les états de surface du noir. Cette lumière picturale naissant de la différence entre deux obscurités porte en elle un grand pouvoir d'émotion et de grandes possibilités de développement, on l'appellera plus tard "noir-lumière" et "outrenoir" ». Voilà, c’est ça. En quelques jours nous avons pu confronter deux obscurités, l’une dérangeante et l’autre si vivifiante. Et de cette émotion, peut-être pouvons-nous penser que nous avons pu voir une lumière, derrière les Blacks. A l’Equipe de France maintenant, de la suivre jusque chez eux en 2011.

mercredi 25 novembre 2009

Chiens et phrasés

Le nouveau patron d’Electricité De France exclut toute prise de participation dans Areva tandis que celui de l’Equipe De France en envisagerait une importante dans Arena. Ainsi, Raymond bâche l’eau.

Un homme a tenté ce jour de quitter le continent africain pour rejoindre l’Espagne par la voie des airs. Il s’est malheureusement retrouvé à l’eau ne pouvant atteindre la terre promise. Encore un drame du sponsoring sportif.

L’idée de la vidéo avance. J’ai lu que Nicolas Sarkozy voulait tripler le nombre de caméras en France. Il y en aurait mille de plus sur Paris. Espérons qu’ils en mettront une ou deux au Stade de France.

La pédiatro-députée Edwige Antier, a l’intention de déposer un projet de loi pour interdire la fessée. 8 français sur 10 sont contre alors que seulement 6 sur 10 ne font pas confiance à Domenech. Comme quoi, il y a des fessées qui se perdent.

Tandis que la Grippe A H1N1 ferme les écoles scolaires, on espère de tout coeur que le Fils A Jo remplira celles de rugby.

Brice Hortefeux veut faire payer les clubs pour les moyens publics de sécurisation mis en place autour des matchs. Le monde du football est inquiet. Celui du rugby a d’ores et déjà décidé de doubler le nombre de buvettes.

dimanche 22 novembre 2009

A l'eau ?

New-York fascine par le nombre de joggeurs et le nombre de magasins de pompes de sport au mile carré. A Paris, vous pouvez avoir la même impression mais version aquatique. Moins les magasins. En même temps nous, les milles, ils sont marins. C’est peut-être pour ça.

Mon expérience des piscines parisiennes s’arrête à m’y rendre, avec les enfants, un matin du week-end. Autant vous confirmer, s’il le fallait, que je ne suis pas le seul. Tout Paris, dans ce qu’elle compte de progénituro-centrés, organise ses samedi ou dimanche matins en fonction de cette nécessaire activité de développement personnel. Revenir à l’environnement d’origine, l’eau, voilà une belle idée. Mais là, c’est l’enfer.

Déjà, et je dis ça pour ceux qui rêvent encore, les enfants en règle générale, ça gueule. Et moins ce sont vos enfants, plus ils hurlent à vos oreilles. Vous vous retrouvez ainsi avec les vôtres et ceux qui ne le sont pas, beaucoup plus nombreux. Donc ça gueule énorme dans le vestiaire. Mais ça ne fait rien, vous vous battez pour habiller tout le monde et passer votre Arena perso, à l’envers mais tant pis, destination douches et pédiluve, censé rincer les pieds et souvent confondu par certains avec les toilettes municipales. Une fois le piège enjambé et le risque d’amputation repoussé, vous avez déjà perdu vos descendants au milieu des lignes d’eau. Non, ça va, la petite est dans celle réservée aux personnes âgées et le grand sur le plongeoir interdit pour de nécessaires travaux.

Dans l’eau, à l’instar de votre quotidien automobile, vous cherchez une place et là c’est pire. Entre la ligne réservée au quatrième âge, celle des cours pour les futurs Bernard Manaudou et enfin celle où il ne faut pas nager la brasse (traduction « n’y viens que si tu es vraiment un cador parce que nous on a tout le matos et on envoie du bois »), il reste une moitié de bassin pour tous les autres : les parents, les enfants, les adultes qui ne maîtrisent que la brasse, ceux qui ne maîtrisent que la nage indienne et ceux qui ne maîtrisent rien et surtout pas leurs nerfs. Ca fait peu et surtout ça fait serré. C’est sans doute le souvenir le plus proche de notre état originel et amniotique.

Une heure se passe, tel un siècle. Re-pédiluve (tant pis cette fois), re-douche (celle qui n’a plus de débit), re-vestiaire (j’aurai dû prendre des tongs) et enfin, l’oxygène extérieur. A chaque fois l’impression d’avoir déjà vécu ça quelque part …

En général, le dimanche matin, après ça, tout peut m’arriver. Mais rentrer et lire les premières lignes d’une énorme enquête sur des paris truqués touchant le football européen, survoler les deux mille cinq cents articles/posts/vidéos sur Henry, constater la victoire 9-1 de Totthenham sur Wigan, la confirmation des 862k€ de primes pour Domenech ou encore qu’Auxerre est en tête de la Ligue 1, vraiment, il y a des ballons qui ne tournent plus rond. Ou trop ronds, je ne sais plus. Vivement dimanche prochain.

vendredi 20 novembre 2009

C'est pas du jeu

Entre une énième réaction à la main d’Henry et la nomination du premier Président du Conseil européen, France 2 présentait hier soir un reportage sur les troubles du sommeil. J’ai bien cru y reconnaître M.Hansson, l’arbitre de France-Irlande 2009.

En gros, que prend-t-il dans la musette depuis ce fameux match ? Thierry Henry : « je ne suis pas l’arbitre » ; Antoine Kombouaré : « c’est un problème d’arbitrage » ; Raymond Domenech : « c’est effectivement une erreur d’arbitrage » ; Nicolas Sarkozy : « ne me demandez pas de me substituer à l’arbitre ». Ajoutez à ce genre de patates chaudes, le soutien de la grande « famille » du football au capitaine tricolore et vous aurez une assez bonne idée de la forte gravité qui, finalement, fait de l’arbitre suédois l’attraction terrestre du moment.

Bien sûr et ça ne manque pas en ce moment, on peut toujours se demander si Henry aurait dû faire comme Fowler ou Klose en leur temps, voire Wilander en demi-finale de son premier Roland-Garros qu’il allait gagner : dire qu’il y avait erreur et faire annuler la décision. Mais nul ne peut dire ce qu’il aurait fait dans cette situation, même si chacun aime à penser qu’il aurait été un seigneur du jeu. Laissons-là ce débat et revenons à notre ami Hansson.

Sir Alex Fergusson, manager de Manchester United, estime certes que « l’arbitre a fait un match fantastique » ( !), mais surtout que « la technologie peut jouer un rôle, qu'elle peut aider les arbitres ». Le problème de fond est là, en effet.

Pourquoi, ce sport qui n’est plus un jeu tellement il y a d’enjeux, ne se donne-t-il pas les moyens de son expression professionnelle ? Comment Michel Platini ou d’autres peuvent-ils encore expliquer que l’arbitre fait partie du jeu et qu’introduire la vidéo c’est mettre de la technologie dans une belle partie de baballe entre Peter Pan du ballon rond ? Comment peuvent-ils oser évoquer le fait qu’avec la vidéo on aurait « un foot à deux vitesses, celui du pauvre sans et celui des riches avec » ? Sans commentaires.

On parle quand même bien d’un sujet où les milliards d’euros de transfert alimentent les étés et les hivers ? Où les clubs sont des sociétés cotées en bourse, soutenues financièrement par des investisseurs venus du pétrole, de la grande distribution, du monde des groupes médias ? Où les primes de qualifications pour la Coupe du monde se chiffrent en millions d’euros ? Où les instances politiques en viennent à se mêler de la gestion sportive ? Où les stades se transforment en centres commerciaux ? Où l’achat de droits TV devient une bataille d’empires ? De qui se moque-t-on ?

On figure un sport humain, quand toutes ses dimensions sont inhumaines. Il va bien falloir, à ce niveau-là, mettre en place ce qu’il y a de plus professionnel, de plus responsable et ne pas laisser sur les épaules d’un seul homme la totale responsabilité d’une possible faute dont les conséquences sont souvent démesurées. Finalement, comme souvent, c’est d’Arsène Wenger qu’il faut retenir un message. Il soutient Henry et dans un même temps déclare à l’AFP : « le football accepte qu'un milliard de gens voient ce qu'il se passe, et que le gars qui ne voit pas, soit celui dont l'avis prévaut... cela ne peut fonctionner ».

On attend d’Henry quelque chose qu’il ne peut offrir. Michel Platini, lui, Président de l’Union européenne des associations de football et farouchement opposé à la vidéo, va devoir impérativement réfléchir sur sa position archaïque mais surtout irrévérencieuse envers les arbitres qui ne peuvent plus être habillés à loisir en bouc émissaires. Qu’ils fassent partie du jeu oui ; qu’ils assument tous les enjeux pourquoi pas. Mais ne les laissez pas tout seuls. C’est pas du jeu.

jeudi 19 novembre 2009

La couleur de l'espoir

C’est un formidable moment pour les amateurs de foot en France. Nul doute que la fête sera belle dans les rues tricolores pour fêter Hugo the boss et sans doute refuser de trop évoquer la main de celui qui ne sera jamais Henry the king. C’est surtout une formidable leçon pour les amateurs de sport dans le monde que de voir les supporteurs irlandais applaudir les deux équipes au coup de sifflet final. Et même s’ils sont bien tristes et dépités, même si le sentiment d’injustice doit les ronger, je ne serais pas surpris d’en voir quelques-uns se mêler à l’après-match pour, malgré tout, dire que c’était un belle rencontre et qu’elle en mérite d’autres. Tant mieux, tant mieux, car quels drames par ailleurs.

Le 17 septembre dernier, Brice Taton, un supporter toulousain de vingt ans était agressé à Belgrade, quelques heures avant le début d’un match de coupe d’Europe, et décédait quelques jours plus tard ; les tribunes espagnoles et italiennes, voire françaises, bruissent de chants racistes et s’ornent de calicots xénophobes ; les soi-disant « classico », tel PSG/OM ou inversement, se « vivent » entourés de barrières et de policiers bientôt plus nombreux que les spectateurs ; les équipes féminines nord-américaines semblent verser dans un concours de catch sur herbe ; on reçoit régulièrement des informations sur un supporter poignardé, quelques autres molestés ou un bus caillassé sous les pyramides… on va de moins en moins au stade de foot avec ses enfants.

Fut un temps l’on pointait régulièrement les exactions des hooligans anglais, hollandais ou allemands avec des dates qui sonnent comme des points d’orgue de leur folie, telle la tragédie du Heysel en 1985, qui aura marqué le monde entier. L’histoire et l’analyse de ces mouvements étaient (et restent) complexes, mêlant politique, organisations mafieuses, intérêts économiques croissants et situations sociales générales en déliquescence. Les états et les polices de chaque pays concerné, les clubs également, ont peu à peu (accepté ?) pris en compte le fait qu’il y avait urgence et que ce n’était plus des phénomènes contrôlables et encore moins acceptables. Identifications, interdictions de stade, collaborations entre les groupes de supporters et les directions de clubs, sanctions lourdes si nécessaire, un arsenal de mesures a été plus ou moins mis en place et effectivement, les choses se sont calmées, même si elles n’ont pas disparu.

La violence dans le sport ne date pas d’aujourd’hui. L'historien romain Tacite signalait déjà qu’on en venait parfois aux mains s’il s’agissait de défendre l’honneur d’une cité dans une compétition, et les sports anglais ont, dès leur création, véhiculé ce genre de comportements. A l’évidence il y a toujours une énergie qui se dégage par essence de la participation à un événement sportif. Oui, le défi de la mesure à l’autre engendre, comme une incidence, de la vexation chez le vaincu et parfois de la gausserie chez le vainqueur. Et ça peut vite faire monter le feu aux joues. Mais tout de même.

Pourquoi en arrive-t-on à ces excès dans le football, qu’on ne voit pas, par exemple, dans le rugby ? Sans doute des raisons historiques et culturelles mais n’y a-t-il pas des causes à trouver ailleurs ? Par exemple, dans la conjonction du volume de sa pratique avec la masse sans cesse croissante des échanges financiers ou encore une utilisation politique des résultats, toutes ces hypertrophies socio-économiques qui ne peuvent qu’engendrer du fanatisme.

Le football est sans doute un reflet de notre société, notamment de sa violence. Il offre toutefois, parfois, de beaux moments d’échanges entre les peuples. Les irlandais ont su le prouver ce soir. Vivement qu’un jour, le vert soit la couleur du ballon rond partout dans le monde.

lundi 16 novembre 2009

Alain rêva


« Je suis dans l’œil du cyclone. Il n’y a plus de ciel ; tout est amalgame d’éléments, il y a des montagnes d’eau autour de moi ». Le 16 novembre 1978, Alain Colas envoyait un dernier message, alors qu’il participait à la première édition de la Route du rhum. On ne l’entendrait, ni ne le reverrait plus.

En avance sur tout, technologie, écologie, relation avec les médias, il préfigurait les coursiers de la fin du deuxième millénaire et allait disparaître sans prévenir, alimentant contre sa volonté, le grand livre des légendes des mers. On a tous vu quelque part cet incroyable navire*, quatre mâts, soixante-douze mètres de long, 1000m2 de voilure et bourré de technologie. A sa tête, un seul homme, comme un surhomme, blessé dans sa chair, la cheville découpée par un bout puis réparée tant bien que mal pour pouvoir prendre le départ de la transatlantique qui se profile.

L’image de ce géant des mers dans la baie de Plymouth, restera celle d’un pari qui ouvrit la voie aux formules 1 des mers de notre époque.

Pour ce visionnaire, le prix à payer était parfois lourd. Raillé, méprisé, jalousé par certains qui ne voyaient dans ce « parisien » qu’un bidouilleur imprudent et insolent. A l’inverse, public et médias en avait fait leur favori, car celui-ci, toutes rouflaquettes dehors, amenait une excitation nouvelle, tel un beatle marin, révélant la beauté de la course à la voile à un nouveau public plus jeune et plus féminin.

Je me souviens que mon père, marin de son état, ayant fait l’école des mousses et heureux propriétaire d’un Super estuaire, un mât, 8,3 mètres de long, une grand-voile, un foc, une trinquette et une construction traditionnelle, ne savait pas trop quoi en penser. C’était un inconditionnel de Tabarly, bien sûr, mais il n’était pas insensible, même dans ses diatribes contre lui, au génie et au courage de cet homme.

Que serait-il devenu s’il avait accosté à Pointe-à-pitre aux côtés du petit trimaran jaune de Mike Birch et qu’il avait continué sa route de l’innovation accompagnant la recherche de son développement personnel ? En 1978, Michel Desjoyaux avait treize ans, Loïc Peyron pas encore vingt. Serait-il devenu le leader des skippers qui ont ensuite survolé les océans à la barre d’ordinateurs à voile ? Et la voile ? Aurait-elle connu plus rapidement encore ce vent arrière la portant aux devant des investissements en cascade, du sponsoring haut de gamme et des événements désormais sur-télévisés ?

Evidemment nul ne peut lever le voile sur ces mystères. Ce qui est sûr, c’est que la destinée de ce mâle de mer était de faire passer la voile d’un univers cabalistique à un monde où les océans sont devenus le théâtre des rêves de chacun. Et son mausolée.


* le Club Méditerranée, c’était son nom alors, a traversé les océans, puis le temps, racheté en 1982 par Bernard Tapie qui le rebaptisa Phocéa et le revendit à Mouna Ayoub. Elle le loue aujourd’hui 200 000€ la semaine, après quelques aménagements intérieurs…

samedi 14 novembre 2009

Folklore is dead


Doit-on se réjouir de constater la disparition des particularismes locaux ? Je ne souhaite pas lancer un débat sur l’Europe des régions mais simplement m’interroger sur l’absence du fameux quart d’heure irlandais, ce soir à Dublin. Du coup, ça ressemble au Fighting Spirit, ça a la couleur du Fighting Spirit, mais ce n’est plus du Fighting Spirit.

En rugby, on dit encore que les Anglais sont puissants et faussement fair-play, que les All-blacks sont techniques, les australiens tactiques, les sud-africains physiques et les français plein de « flair ». On peut discuter ces considérations mais on les retrouve malgré tout dans le fond d’un jeu qui, évidemment, en montant au plus haut niveau tend à être complet et donc à présenter peu ou prou les mêmes armes.

En foot, on parle peut-être encore de la créativité des brésiliens ou de la rigueur allemande mais lors de la dernière Coupe du monde n’était-ce pas l’inverse ? Quoi qu’il en soit nous avions en tête des images de furia verte sur les buts adverses, soulevant les chœurs des tribunes. Et aussi de limites vite atteintes dans le domaine du jeu, ce qui permettait, si l’on savait encaisser les préliminaires de passer un bon moment ensuite. On connaissait le programme.

Sont-ce les traditions qui se perdent ou des considérations tactiques ? Le fait est que les irlandais, sous l’impulsion de leur coach transalpin, ont joué à l’italienne, assez bas sur le terrain, bien regroupés pour récupérer et relancer rapidement devant. Et comme ce foot-là n’est pas connu pour son premier mais plutôt son dernier quart d’heure, on s’est dit qu’on attendrait le nouveau premier-dernier quart d’heure irlandais. Qui n’est jamais venu.

Au contraire puisque plus le temps passait plus les espaces se créaient permettant aux français de frapper de nombreuses fois au but dont une, dans ces quinze dernières minutes, fatale pour les verts.

Même si, au contraire du rugby hier soir, les français du foot n’ont pas eu leur match traditionnel, leur équipe de France, à l’instar de l’ovale, a su maîtriser et rester en phase avec son plan de jeu jusqu’au bout. Ne disait-on pas que les français ne savaient pas être présents dans les grands rendez-vous ? Vraiment, les traditions se perdent.