Temps
divers ce WE à Paris avec pluie et bourrasques samedi, suivies, le dimanche,
d’un soleil à rêver d’un monde nouveau, comme un corsaire sur les plages de
Saint Malo. En raccourci, ce que les organisateurs du marathon de New-York ont
pu penser, à Staten Island, au départ de cette 43ème édition qui
donc, soit dit en passant, aurait dû être la 44ème si Sandy, sadique
en passant n’avait pas noyé l’an passé ce rêve annuel pour des milliers de
bipèdes shortifiés.
Car
le cœur d’un marathonien a ses raisons que l’oraison ignore et l’ouragan de
pleurs a fait place à une tornade de joies lancée vers cette terre à chaque fois
redécouverte des 42,195kms comptant double cette année, faisant chuter tous les
records de l’épreuve et donnant les preuves qu’il ne faut jamais abandonner,
une façon de marquer le lien fort qui unit cette épreuve avec la nation du «Sky
is the limit » et de sa bannière étoilée.
Tomber
peut-être, mais toujours se relever. Ecrire des histoires de résurrections, de
reconstructions, de nouveaux départs. Celle de Sugar Ray Robinson contre Randy
Turpin en 1951, celle, plus proche, de
Tiger Woods détenteur à nouveau de sa green card mais aussi de Thierry,
mon boucher, reprenant les longueurs de bassins après un arrêt forcé dû à la
livraison inattendue d’une estafette Conforama. L’histoire du sport, de ceux
qui le pratiquent, un matin ou chaque matin, l’histoire de la vie.
Dans
son malheur et ceux de milliers de personnes se retrouvant sans défi ou sans
abri pour les plus malchanceux, la dernière édition de l’événement new-yorkais
a écrit une nouvelle page de la philosophie du «Never give up ». Et c’est un
bel hommage à cette course au bonheur si l’on repense que Phidippidès, premier
«vainqueur » de l’histoire, en est mort, et que s’il y a eu résurrection, elle
s’est passée ailleurs. Mais un marathonien n’est pas un Homme comme un autre.
Qu’il vise le temps ou la distance, il sait qu’il lui faudra passer par la
patience et la mesure d’un effort exceptionnel, et qu’à ces conditions, la ligne
se franchit toujours. Comme à New York en cet après midi de novembre.
En
attendant de préparer une seconde fois le marathon de Paris, j’attends sur la
plage de pouvoir prendre moi aussi un bateau et d’embarquer vers des
territoires inédits espérant cette fois-ci, et contrairement à ma dernière
édition, que je ne la courrais pas seul et que je pourrais emmener avec moi
tous mes rêves de renouveau pour me donner la force de passer le mur que
j’entrevoie et qui, au-delà du chronomètre, sera celui ouvert vers une nouvelle
vie, celle qui offre un jour la récompense à ceux qui sont tombés mais se sont
à chaque fois relevés, de courir vers le bonheur.

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