jeudi 22 octobre 2009

Les artisans de l'Olympe


La flamme olympique allait être allumée sur le mont Olympie avec envoi illico vers Vancouver et moi j'étais devant le Palais Brongniart, à Paris et pas assez couvert. Pas de regret j'avais rendez-vous avec Jean-Christophe Repon, l'un de mes amis passé directement des stades de rugby français (champion avec Toulon en 1992) aux joutes de défenses des intérêts des artisans de France (pourtant c'était pas un gros plaqueur !). Un soir de dîner il m'avait en effet gentiment proposé de venir découvrir son monde lors des 2èmes Etats Généraux de l'Economie de Proximité, sous la gouverne de l'Union Professionnelle des Artisans.

Table ronde avec Président et Vice-Présidents, banquier, universitaire, chercheur, syndicaliste. Ca tourne autour de la formation, de prêts plus ou moins consentis, de l'évolution de la globalisation vers la localisation, de "glocal", de "première entreprise de France", de "made in près de chez vous" (ma préférée). Ca rentre dans le sujet et ça débat un peu aussi. On comprend bien ce qu'ils veulent, ce dont ils ont besoin. D'être en concurrence mais solidaires aussi. D'asseoir des bases marketing et achat pour être plus performants en appui du terrain. De pousser des revendications qui me paraissent à moi, béotien en la matière, plus que recevables. Le Ministre, Laurent Wauquiez, fait son intervention de Ministre et je me dis que j'ai appris pleins de choses ce matin.

Je sens un truc familier quand même. Bien sûr, les élans de solidarité font penser au sport - thème conforté par la présence de Philippe Bana, DTN de la FFHB, l'UPA étant sponsor de l'Equipe de France de Hand. Mais non, c'est quelque chose d'autre. Et ça arrive. Je découvre soudain qu'il existe une Olympiade des Métiers, la Worldskills Competition, avec Equipes nationales de -23ans, hymnes, médailles et tout le folklore ! Ca, j'avoue que non, j'y avais pas pensé ... et pourtant c'est la 40ème édition ... Jean-Christophe fait le gars qui connaît - en même temps il connaît c'est plus facile - et moi j'écoute en vidéos, les jeunes français, médailles d'or ou de bronze à la dernière Olympiade de septembre dernier parler d'entraînement, de persévérance, de mental, de précision, de créativité. Leurs maîtres d'enseignement ou entraîneurs je ne sais plus, stigmatisent leur investissement et leur volonté, leur goût de l'effort et leur amour pour leur activité. L'un dit : "c'est bien, il a été champion du monde le jour J mais maintenant c'est tous les jours qu'il va devoir l'être."

Fascinant.

On retrouve dans ces images, celles des compétitions olympiques sportives. On ne pense pas au foot, au tennis, au rugby ou au basket, ni à ces meetings de la Golden League, non. On pense à tous ces sportifs, jumeaux de ces jeunes-là, préparant pendant quatre ans un tir de carabine, une sortie de poutre ou un brossage de curling. On pense à cette simple passion de bien faire et de réussir, sans intérêt particulier pour des flashs de medias qui ne seront pas vraiment là sauf pour compter les points. On pense que c’est beau de n'avoir comme ambition que simplement de devenir le meilleur en donnant son meilleur personnel. On pense que oui, les Jeux Olympiques seront parfois achetés, manipulés ou détournés. Mais pour la grande majorité d’entre nous ils permettront de voir encore, à Vancouver bientôt comme hier à Calgary (veinards de canadiens), des artisans à Olympie.

mercredi 21 octobre 2009

Les anglais à poil, le foot a Puel


"Ca va être compliqué de passer à côté de Lyon" me disait mon kiosquier ce matin. Je suis à peu près sûr qu'il ne parlait pas des vacances de la Toussaint et de l'A6 vu que je venais de lui acheter le quotidien qui va bien et que par ailleurs il parle de ballon rond du matin au soir. "Ca va surtout être compliqué du côté de Liverpool" lui ai-je répondu au risque d'enclencher une conversation aux dimensions de discours castriste. Mais c'est vrai, ça va être raide pour les Reds, au soir d'un quatrième match d'affilé sans victoire, d'un proche avenir sans Gerrard Torres et que se profile Manchester United ... En même temps, chacun son contexte. Et le nôtre, celui de Lyon comme du rugby français, devient favorable au détriment des bretons du nord. J'ai bien écrit rugby et je m'en explique. Le week-end dernier, trois clubs de rugby français ont gagné contre les trois clubs anglais auxquels ils étaient confrontés. Hier soir, Lyon gagne à Liverpool.

Non, ce n'est pas une coïncidence.

Le rugby, jeune gardon du monde professionnel, avait développé de forts engouements financiers outre-manche, l'afflux des meilleurs joueurs du monde et les résultats qui vont avec. La fameuse crise a réduit leur voilure et les clubs se sont délestés un peu comme les pétroliers de la Mer du Nord, en espérant que ça ne se verra pas trop. Mais ils ont coulé en perdant leurs produits de luxe (Chabal, Bruno, McAlister, Faure et Saint-André à Sale par exemple), en réduisant la taille des teams donc la fameuse profondeur du banc (si quelqu'un a la mesure exacte d'ailleurs, je suis preneur) et en voyant leur meilleur des meilleurs, Sir Wilkinson, embarquer pour la rade toulonnaise. Ah, j'oubliais, cherry on the cake, ils avaient déjà fait fort avec des arlequins tricheurs et des brochettes de joueurs pris le nez dans la poudre. N'en jetez plus, ou plutôt si, de nouvelles bases pour repartir plus solidement. Mais ça prendra du temps. Et en attendant, le rugby français, plus équilibré entre formation et recrutement, remonte d'un cran au niveau européen. Comme Lyon face à un club de Liverpool qui "n'a pas pu recruter comme il aurait voulu à l'intersaison" dixit Paul Le Guen. Tiens, ça me rappelle quelque chose ...

Mais tout ça n'est pas l'essentiel.

L'essentiel est sans doute que certaines reconnaissances peuvent, du fait de ce « ré-équilibrage », enfin voir le jour. J'aimerais évoquer ici Claude Puel. J'aime bien ce mec. Une carrière de joueur fidèle à Monaco dont il deviendra l'entraîneur et qu'il ne quittera que contraint et forcé avec un titre national. Six ans à Lille pour en faire un vice-champion de France et le qualifier deux fois en Ligue des Champions. JM Aulas ne s'est pas trompé en lui donnant les rênes sportives de l’OL et cela commence à se constater au plus haut-niveau européen, comme hier face à la référence Benitez. Lyon joue mieux avec moins de stars et l'on se surprend à regarder à nouveau des matchs de foot avec intérêt. On pourrait parler aussi de Bordeaux et de Laurent Blanc mais restons sur Puel. Parce qu'il est en train de faire de Lyon ce qu'elle n'a jamais été malgré les titres : une équipe attirante, qu'on a envie de soutenir et ça, ce n'est pas rien ni donné à tout le monde.

C'est sûr, ça va être compliqué de passer à côté de Claude Puel.