mercredi 16 décembre 2009

Boxing king

Berlusconi s’est fait entarter, et c’était moins sucré qu’avec Noël Godin. Cela m’a toutefois rappelé un gala de boxe où je me suis rendu la semaine dernière. Les combats étaient remarquables mais c’est Jean-Paul Belmondo qui m’aura marqué.

Un peu de façon imprévue je me retrouvais donc au Cirque d’hiver, entre Bastille et République, invité par Pascal, mon vieil ami toulonnais. En fait de toulonnais, j’y retrouvais aussi le grand Manu et le souvenir d’avoir assisté à mon dernier combat de boxe lors d’un quelconque meeting sur le port du Mourillon dans les années 80. A cette époque, on voyait plus souvent les boxeurs et leur entourage au stade Mayol, pour les grosses affiches type Stade Toulousain, Agen ou le costaud Narbonne d’alors, cher à mon autre ami Philippe. C’était pittoresque.

En fait, un public de boxe, c’est toujours pittoresque. Ceux qui pratiquent, ceux qui supportent, ceux qui s’encanaillent, ceux qui se montrent, ceux qui roulent des biceps, ceux qui ne reviendront pas, et tous les autres, en passant par celui qui montre sa dernière conquête.

Au milieu de tous, entre Michel Acariès et Gérard Darmon, juste avant le tout premier combat, Jean-Paul Belmondo est arrivé, belle gueule, sourire aux lèvres et chemise ouverte sur l’oxygène des gants de cuir. Comme un jeune homme. M'est alors revenu ce souvenir d'enfance lorsque, à ma mère qui me questionnait sur mon avenir professionnel je répondais : « je veux faire Jean-Paul Belmondo ». Vivre comme lui en grimpant partout, en balançant une grande tirade et des grandes poires, en ayant au bras musclé les plus belles femmes, en vivant à cent à l’heure et devenant le pote du monde entier. Il était là, sous mes yeux et je ne l'ai pas lâché. Durant deux heures, il n'aura rien raté, s’émerveillant du jeune Ahmed stylé, du petit taureau Rachid ou de Karl le surpuissant. Il semblait être là où il fallait qu'il soit, vivant, au plus près du combat. A quoi pensait-il ?

A la fin du meeting, nous l’avons vu sortir avec peine de l’enceinte, s’appuyant sur des cannes mais fier et heureux. Parfois, dans la vie comme dans un gala de boxe, certains tombent et d’autres restent debout, certains brillent et d’autres galèrent, quelques-uns sont beaux et doués tandis que beaucoup d’autres, sans génie, doivent garder courage. Peut-être pensait-il à cela et que jusqu’à ce qu’il tombe une dernière fois, sous le coup du sort, un grand boxeur reste toujours un grand boxeur s’il se bat jusqu’au bout.

Je n’ai pas « fait Jean-Paul Belmondo » mais j’aimerais, lorsque j’aurai son âge, avoir le même sourire que le sien, sur mes lèvres, à la sortie d’un gala de boxe.

mercredi 9 décembre 2009

Homélie Mauresmo

C’est toujours pareil. Quand un sportif prend sa retraite on parle de « petite mort ». Si c’est un sportif célèbre, on en parle beaucoup. Si c’est dans une période creuse, on en parle trop.

Amélie Mauresmo est une sportive, célèbre, et elle vient d’annoncer l’arrêt de sa carrière au cœur d’une semaine sans événement sportif majeur. Mais ça fait moins d’effet que mon revers.Dommage. Quand on a le courage à 19 ans, dans un monde de conservateurs privilégiés et au milieu de sa première finale de Grand Chelem, de se mettre en danger en annonçant son homosexualité, quand on a le talent de se relever de plusieurs échecs, de devenir n°1 et de gagner Wimbledon, quand on a un réel amour du sport au milieu d’océans de dollars, quand on a eu tout cela, on mériterait plus d’hommages.

Mais bon, la parité n’est toujours pas ce qu’elle devrait être. Pourtant, la philosophe suisse Martina Hingis avait dit d’elle qu’elle était « à moitié homme ». Cette insulte crétine ne lui aura même pas servi à avoir la moitié de la reconnaissance qu’un tennisman français avec le quart de son palmarès aurait reçu.

Au lieu de ça, il nous faut supporter régulièrement les âneries d’Henri Leconte, con sultan pour France TV.

jeudi 3 décembre 2009

Chiens et phrasés 2

Les suisses ont dit « non » à la construction de minarets sur leur sol tandis que les journalistes sportifs votaient en masse pour Messi. Certains sont plus prophètes que d’autres hors de leur pays.

Tiger Woods demande pardon pour sa conduite ces derniers mois : « J'ai déçu ma famille et je regrette de tout mon coeur ces transgressions ». On savait que le Tigre n’était pas de papier, on sait maintenant qu’il n’est pas de bois non plus.

La première secrétaire du PS achève, ce mercredi, le Tour de France du projet du parti socialiste et l’on devine avec quel maillot. Le vert étant déjà enfilé par ailleurs, le jaune non attribuable avant 2012, reste celui à pois du meilleur grimpeur. Un bel encouragement.

Selon Noël Mamère, « si Greenpeace n'était pas intervenu (dans l’hémicycle aujourd’hui), on n'aurait pas parlé de Copenhague ». C’est comme les All Blacks. S’ils n’étaient pas venus, on n’aurait pas reparlé de la ligne Maginot.

Martin Hirsch n’aime pas les gros salaires et Henri Proglio à 1,6 million d’euros l’année ça ne lui plaît pas. On voit bien qu’il ne va jamais voir des matchs de foot.

dimanche 29 novembre 2009

Les Blacks effraient, l'Outrenoir soulage

Les Blacks sont passés par là et l’herbe du Vélodrome va avoir du mal à repousser. Parfois on boute les uns mais les autres reviennent, quelques mois plus tard, et avec eux la punition sévère, la fameuse fessée que d’aucune voudrait voir disparaître.

Les français venaient de battre les sud-africains, champions du monde en titre et vainqueurs du dernier Tri-nations. Les néo-zélandais venaient de récupérer le titre officieux de numéro 1 au classement actuel de l’International Rugby Board et sortaient vainqueurs de leur confrontation avec les Irlandais, sacrés lors du Tournoi des VI Nations. Il allait bien falloir décider qui était le chef et Marseille serait le juge de paix.

C’est toujours un bonheur de démontrer en terre de foot que l’on peut se confronter au plus profond des tripes, se violenter en règle, se malaxer en rythme, se rentrer dedans et se sortir dehors, puis se serrer la main et se féliciter. Il n’y a que le rugby pour offrir autant de fureur que de retenue, autant de défi que de respect, autant de fierté que d’humilité.

Les français et les néo-zélandais l’ont fait. Bien sûr les All Blacks ont été effrayants de vitesse, de maîtrise, de précision dans l’engagement total et l’organisation collective. Oui, ils avaient ce soir-là tous les talents et oui, même si les français sont mal rentrés dans leur match, ils ont déjoué car en face il y avait plus fort, plus vite, plus « oh ! ». Mais ce n’est pas l’important. L’important c’est un tel spectacle de si haut niveau à tous les niveaux, quelques jours après celui, pathétique, du Stade de France, les petits comptes d’apothicaires et les relents d’« A mort l’arbitre ! ».

Non, on ne vit pas QUE dans un monde de fous. Oui, le sport porte encore des valeurs et des espoirs. Il faut simplement savoir regarder un peu plus loin qu’un match, aussi important soit-il. Il y a toujours de la lumière derrière l’obscurité.

Entre deux grèves, Pierre Soulages expose en ce moment à Beaubourg. Dans sa biographie, on lit que cet homme cherche depuis plusieurs décennies à révéler « la réflexion de la lumière par les états de surface du noir. Cette lumière picturale naissant de la différence entre deux obscurités porte en elle un grand pouvoir d'émotion et de grandes possibilités de développement, on l'appellera plus tard "noir-lumière" et "outrenoir" ». Voilà, c’est ça. En quelques jours nous avons pu confronter deux obscurités, l’une dérangeante et l’autre si vivifiante. Et de cette émotion, peut-être pouvons-nous penser que nous avons pu voir une lumière, derrière les Blacks. A l’Equipe de France maintenant, de la suivre jusque chez eux en 2011.

mercredi 25 novembre 2009

Chiens et phrasés

Le nouveau patron d’Electricité De France exclut toute prise de participation dans Areva tandis que celui de l’Equipe De France en envisagerait une importante dans Arena. Ainsi, Raymond bâche l’eau.

Un homme a tenté ce jour de quitter le continent africain pour rejoindre l’Espagne par la voie des airs. Il s’est malheureusement retrouvé à l’eau ne pouvant atteindre la terre promise. Encore un drame du sponsoring sportif.

L’idée de la vidéo avance. J’ai lu que Nicolas Sarkozy voulait tripler le nombre de caméras en France. Il y en aurait mille de plus sur Paris. Espérons qu’ils en mettront une ou deux au Stade de France.

La pédiatro-députée Edwige Antier, a l’intention de déposer un projet de loi pour interdire la fessée. 8 français sur 10 sont contre alors que seulement 6 sur 10 ne font pas confiance à Domenech. Comme quoi, il y a des fessées qui se perdent.

Tandis que la Grippe A H1N1 ferme les écoles scolaires, on espère de tout coeur que le Fils A Jo remplira celles de rugby.

Brice Hortefeux veut faire payer les clubs pour les moyens publics de sécurisation mis en place autour des matchs. Le monde du football est inquiet. Celui du rugby a d’ores et déjà décidé de doubler le nombre de buvettes.

dimanche 22 novembre 2009

A l'eau ?

New-York fascine par le nombre de joggeurs et le nombre de magasins de pompes de sport au mile carré. A Paris, vous pouvez avoir la même impression mais version aquatique. Moins les magasins. En même temps nous, les milles, ils sont marins. C’est peut-être pour ça.

Mon expérience des piscines parisiennes s’arrête à m’y rendre, avec les enfants, un matin du week-end. Autant vous confirmer, s’il le fallait, que je ne suis pas le seul. Tout Paris, dans ce qu’elle compte de progénituro-centrés, organise ses samedi ou dimanche matins en fonction de cette nécessaire activité de développement personnel. Revenir à l’environnement d’origine, l’eau, voilà une belle idée. Mais là, c’est l’enfer.

Déjà, et je dis ça pour ceux qui rêvent encore, les enfants en règle générale, ça gueule. Et moins ce sont vos enfants, plus ils hurlent à vos oreilles. Vous vous retrouvez ainsi avec les vôtres et ceux qui ne le sont pas, beaucoup plus nombreux. Donc ça gueule énorme dans le vestiaire. Mais ça ne fait rien, vous vous battez pour habiller tout le monde et passer votre Arena perso, à l’envers mais tant pis, destination douches et pédiluve, censé rincer les pieds et souvent confondu par certains avec les toilettes municipales. Une fois le piège enjambé et le risque d’amputation repoussé, vous avez déjà perdu vos descendants au milieu des lignes d’eau. Non, ça va, la petite est dans celle réservée aux personnes âgées et le grand sur le plongeoir interdit pour de nécessaires travaux.

Dans l’eau, à l’instar de votre quotidien automobile, vous cherchez une place et là c’est pire. Entre la ligne réservée au quatrième âge, celle des cours pour les futurs Bernard Manaudou et enfin celle où il ne faut pas nager la brasse (traduction « n’y viens que si tu es vraiment un cador parce que nous on a tout le matos et on envoie du bois »), il reste une moitié de bassin pour tous les autres : les parents, les enfants, les adultes qui ne maîtrisent que la brasse, ceux qui ne maîtrisent que la nage indienne et ceux qui ne maîtrisent rien et surtout pas leurs nerfs. Ca fait peu et surtout ça fait serré. C’est sans doute le souvenir le plus proche de notre état originel et amniotique.

Une heure se passe, tel un siècle. Re-pédiluve (tant pis cette fois), re-douche (celle qui n’a plus de débit), re-vestiaire (j’aurai dû prendre des tongs) et enfin, l’oxygène extérieur. A chaque fois l’impression d’avoir déjà vécu ça quelque part …

En général, le dimanche matin, après ça, tout peut m’arriver. Mais rentrer et lire les premières lignes d’une énorme enquête sur des paris truqués touchant le football européen, survoler les deux mille cinq cents articles/posts/vidéos sur Henry, constater la victoire 9-1 de Totthenham sur Wigan, la confirmation des 862k€ de primes pour Domenech ou encore qu’Auxerre est en tête de la Ligue 1, vraiment, il y a des ballons qui ne tournent plus rond. Ou trop ronds, je ne sais plus. Vivement dimanche prochain.

vendredi 20 novembre 2009

C'est pas du jeu

Entre une énième réaction à la main d’Henry et la nomination du premier Président du Conseil européen, France 2 présentait hier soir un reportage sur les troubles du sommeil. J’ai bien cru y reconnaître M.Hansson, l’arbitre de France-Irlande 2009.

En gros, que prend-t-il dans la musette depuis ce fameux match ? Thierry Henry : « je ne suis pas l’arbitre » ; Antoine Kombouaré : « c’est un problème d’arbitrage » ; Raymond Domenech : « c’est effectivement une erreur d’arbitrage » ; Nicolas Sarkozy : « ne me demandez pas de me substituer à l’arbitre ». Ajoutez à ce genre de patates chaudes, le soutien de la grande « famille » du football au capitaine tricolore et vous aurez une assez bonne idée de la forte gravité qui, finalement, fait de l’arbitre suédois l’attraction terrestre du moment.

Bien sûr et ça ne manque pas en ce moment, on peut toujours se demander si Henry aurait dû faire comme Fowler ou Klose en leur temps, voire Wilander en demi-finale de son premier Roland-Garros qu’il allait gagner : dire qu’il y avait erreur et faire annuler la décision. Mais nul ne peut dire ce qu’il aurait fait dans cette situation, même si chacun aime à penser qu’il aurait été un seigneur du jeu. Laissons-là ce débat et revenons à notre ami Hansson.

Sir Alex Fergusson, manager de Manchester United, estime certes que « l’arbitre a fait un match fantastique » ( !), mais surtout que « la technologie peut jouer un rôle, qu'elle peut aider les arbitres ». Le problème de fond est là, en effet.

Pourquoi, ce sport qui n’est plus un jeu tellement il y a d’enjeux, ne se donne-t-il pas les moyens de son expression professionnelle ? Comment Michel Platini ou d’autres peuvent-ils encore expliquer que l’arbitre fait partie du jeu et qu’introduire la vidéo c’est mettre de la technologie dans une belle partie de baballe entre Peter Pan du ballon rond ? Comment peuvent-ils oser évoquer le fait qu’avec la vidéo on aurait « un foot à deux vitesses, celui du pauvre sans et celui des riches avec » ? Sans commentaires.

On parle quand même bien d’un sujet où les milliards d’euros de transfert alimentent les étés et les hivers ? Où les clubs sont des sociétés cotées en bourse, soutenues financièrement par des investisseurs venus du pétrole, de la grande distribution, du monde des groupes médias ? Où les primes de qualifications pour la Coupe du monde se chiffrent en millions d’euros ? Où les instances politiques en viennent à se mêler de la gestion sportive ? Où les stades se transforment en centres commerciaux ? Où l’achat de droits TV devient une bataille d’empires ? De qui se moque-t-on ?

On figure un sport humain, quand toutes ses dimensions sont inhumaines. Il va bien falloir, à ce niveau-là, mettre en place ce qu’il y a de plus professionnel, de plus responsable et ne pas laisser sur les épaules d’un seul homme la totale responsabilité d’une possible faute dont les conséquences sont souvent démesurées. Finalement, comme souvent, c’est d’Arsène Wenger qu’il faut retenir un message. Il soutient Henry et dans un même temps déclare à l’AFP : « le football accepte qu'un milliard de gens voient ce qu'il se passe, et que le gars qui ne voit pas, soit celui dont l'avis prévaut... cela ne peut fonctionner ».

On attend d’Henry quelque chose qu’il ne peut offrir. Michel Platini, lui, Président de l’Union européenne des associations de football et farouchement opposé à la vidéo, va devoir impérativement réfléchir sur sa position archaïque mais surtout irrévérencieuse envers les arbitres qui ne peuvent plus être habillés à loisir en bouc émissaires. Qu’ils fassent partie du jeu oui ; qu’ils assument tous les enjeux pourquoi pas. Mais ne les laissez pas tout seuls. C’est pas du jeu.

jeudi 19 novembre 2009

La couleur de l'espoir

C’est un formidable moment pour les amateurs de foot en France. Nul doute que la fête sera belle dans les rues tricolores pour fêter Hugo the boss et sans doute refuser de trop évoquer la main de celui qui ne sera jamais Henry the king. C’est surtout une formidable leçon pour les amateurs de sport dans le monde que de voir les supporteurs irlandais applaudir les deux équipes au coup de sifflet final. Et même s’ils sont bien tristes et dépités, même si le sentiment d’injustice doit les ronger, je ne serais pas surpris d’en voir quelques-uns se mêler à l’après-match pour, malgré tout, dire que c’était un belle rencontre et qu’elle en mérite d’autres. Tant mieux, tant mieux, car quels drames par ailleurs.

Le 17 septembre dernier, Brice Taton, un supporter toulousain de vingt ans était agressé à Belgrade, quelques heures avant le début d’un match de coupe d’Europe, et décédait quelques jours plus tard ; les tribunes espagnoles et italiennes, voire françaises, bruissent de chants racistes et s’ornent de calicots xénophobes ; les soi-disant « classico », tel PSG/OM ou inversement, se « vivent » entourés de barrières et de policiers bientôt plus nombreux que les spectateurs ; les équipes féminines nord-américaines semblent verser dans un concours de catch sur herbe ; on reçoit régulièrement des informations sur un supporter poignardé, quelques autres molestés ou un bus caillassé sous les pyramides… on va de moins en moins au stade de foot avec ses enfants.

Fut un temps l’on pointait régulièrement les exactions des hooligans anglais, hollandais ou allemands avec des dates qui sonnent comme des points d’orgue de leur folie, telle la tragédie du Heysel en 1985, qui aura marqué le monde entier. L’histoire et l’analyse de ces mouvements étaient (et restent) complexes, mêlant politique, organisations mafieuses, intérêts économiques croissants et situations sociales générales en déliquescence. Les états et les polices de chaque pays concerné, les clubs également, ont peu à peu (accepté ?) pris en compte le fait qu’il y avait urgence et que ce n’était plus des phénomènes contrôlables et encore moins acceptables. Identifications, interdictions de stade, collaborations entre les groupes de supporters et les directions de clubs, sanctions lourdes si nécessaire, un arsenal de mesures a été plus ou moins mis en place et effectivement, les choses se sont calmées, même si elles n’ont pas disparu.

La violence dans le sport ne date pas d’aujourd’hui. L'historien romain Tacite signalait déjà qu’on en venait parfois aux mains s’il s’agissait de défendre l’honneur d’une cité dans une compétition, et les sports anglais ont, dès leur création, véhiculé ce genre de comportements. A l’évidence il y a toujours une énergie qui se dégage par essence de la participation à un événement sportif. Oui, le défi de la mesure à l’autre engendre, comme une incidence, de la vexation chez le vaincu et parfois de la gausserie chez le vainqueur. Et ça peut vite faire monter le feu aux joues. Mais tout de même.

Pourquoi en arrive-t-on à ces excès dans le football, qu’on ne voit pas, par exemple, dans le rugby ? Sans doute des raisons historiques et culturelles mais n’y a-t-il pas des causes à trouver ailleurs ? Par exemple, dans la conjonction du volume de sa pratique avec la masse sans cesse croissante des échanges financiers ou encore une utilisation politique des résultats, toutes ces hypertrophies socio-économiques qui ne peuvent qu’engendrer du fanatisme.

Le football est sans doute un reflet de notre société, notamment de sa violence. Il offre toutefois, parfois, de beaux moments d’échanges entre les peuples. Les irlandais ont su le prouver ce soir. Vivement qu’un jour, le vert soit la couleur du ballon rond partout dans le monde.

lundi 16 novembre 2009

Alain rêva


« Je suis dans l’œil du cyclone. Il n’y a plus de ciel ; tout est amalgame d’éléments, il y a des montagnes d’eau autour de moi ». Le 16 novembre 1978, Alain Colas envoyait un dernier message, alors qu’il participait à la première édition de la Route du rhum. On ne l’entendrait, ni ne le reverrait plus.

En avance sur tout, technologie, écologie, relation avec les médias, il préfigurait les coursiers de la fin du deuxième millénaire et allait disparaître sans prévenir, alimentant contre sa volonté, le grand livre des légendes des mers. On a tous vu quelque part cet incroyable navire*, quatre mâts, soixante-douze mètres de long, 1000m2 de voilure et bourré de technologie. A sa tête, un seul homme, comme un surhomme, blessé dans sa chair, la cheville découpée par un bout puis réparée tant bien que mal pour pouvoir prendre le départ de la transatlantique qui se profile.

L’image de ce géant des mers dans la baie de Plymouth, restera celle d’un pari qui ouvrit la voie aux formules 1 des mers de notre époque.

Pour ce visionnaire, le prix à payer était parfois lourd. Raillé, méprisé, jalousé par certains qui ne voyaient dans ce « parisien » qu’un bidouilleur imprudent et insolent. A l’inverse, public et médias en avait fait leur favori, car celui-ci, toutes rouflaquettes dehors, amenait une excitation nouvelle, tel un beatle marin, révélant la beauté de la course à la voile à un nouveau public plus jeune et plus féminin.

Je me souviens que mon père, marin de son état, ayant fait l’école des mousses et heureux propriétaire d’un Super estuaire, un mât, 8,3 mètres de long, une grand-voile, un foc, une trinquette et une construction traditionnelle, ne savait pas trop quoi en penser. C’était un inconditionnel de Tabarly, bien sûr, mais il n’était pas insensible, même dans ses diatribes contre lui, au génie et au courage de cet homme.

Que serait-il devenu s’il avait accosté à Pointe-à-pitre aux côtés du petit trimaran jaune de Mike Birch et qu’il avait continué sa route de l’innovation accompagnant la recherche de son développement personnel ? En 1978, Michel Desjoyaux avait treize ans, Loïc Peyron pas encore vingt. Serait-il devenu le leader des skippers qui ont ensuite survolé les océans à la barre d’ordinateurs à voile ? Et la voile ? Aurait-elle connu plus rapidement encore ce vent arrière la portant aux devant des investissements en cascade, du sponsoring haut de gamme et des événements désormais sur-télévisés ?

Evidemment nul ne peut lever le voile sur ces mystères. Ce qui est sûr, c’est que la destinée de ce mâle de mer était de faire passer la voile d’un univers cabalistique à un monde où les océans sont devenus le théâtre des rêves de chacun. Et son mausolée.


* le Club Méditerranée, c’était son nom alors, a traversé les océans, puis le temps, racheté en 1982 par Bernard Tapie qui le rebaptisa Phocéa et le revendit à Mouna Ayoub. Elle le loue aujourd’hui 200 000€ la semaine, après quelques aménagements intérieurs…

samedi 14 novembre 2009

Folklore is dead


Doit-on se réjouir de constater la disparition des particularismes locaux ? Je ne souhaite pas lancer un débat sur l’Europe des régions mais simplement m’interroger sur l’absence du fameux quart d’heure irlandais, ce soir à Dublin. Du coup, ça ressemble au Fighting Spirit, ça a la couleur du Fighting Spirit, mais ce n’est plus du Fighting Spirit.

En rugby, on dit encore que les Anglais sont puissants et faussement fair-play, que les All-blacks sont techniques, les australiens tactiques, les sud-africains physiques et les français plein de « flair ». On peut discuter ces considérations mais on les retrouve malgré tout dans le fond d’un jeu qui, évidemment, en montant au plus haut niveau tend à être complet et donc à présenter peu ou prou les mêmes armes.

En foot, on parle peut-être encore de la créativité des brésiliens ou de la rigueur allemande mais lors de la dernière Coupe du monde n’était-ce pas l’inverse ? Quoi qu’il en soit nous avions en tête des images de furia verte sur les buts adverses, soulevant les chœurs des tribunes. Et aussi de limites vite atteintes dans le domaine du jeu, ce qui permettait, si l’on savait encaisser les préliminaires de passer un bon moment ensuite. On connaissait le programme.

Sont-ce les traditions qui se perdent ou des considérations tactiques ? Le fait est que les irlandais, sous l’impulsion de leur coach transalpin, ont joué à l’italienne, assez bas sur le terrain, bien regroupés pour récupérer et relancer rapidement devant. Et comme ce foot-là n’est pas connu pour son premier mais plutôt son dernier quart d’heure, on s’est dit qu’on attendrait le nouveau premier-dernier quart d’heure irlandais. Qui n’est jamais venu.

Au contraire puisque plus le temps passait plus les espaces se créaient permettant aux français de frapper de nombreuses fois au but dont une, dans ces quinze dernières minutes, fatale pour les verts.

Même si, au contraire du rugby hier soir, les français du foot n’ont pas eu leur match traditionnel, leur équipe de France, à l’instar de l’ovale, a su maîtriser et rester en phase avec son plan de jeu jusqu’au bout. Ne disait-on pas que les français ne savaient pas être présents dans les grands rendez-vous ? Vraiment, les traditions se perdent.

vendredi 13 novembre 2009

Invictus


Quand on sait leur goût pour le plaquage à la gorge et les coups de genoux au sol, jouer les sud-africains lors de la Journée de la gentillesse, c’est à la limite de la blague de mauvais goût. Mais bon, une fois la franche rigolade digérée, il faut passer aux choses sérieuses.

Les sud-africains sont tout simplement champions du monde en titre, derniers vainqueurs du Tri Nations (Australie, NZ, Afrique-du-sud) et les Bulls, l’une de leurs provinces, a remporté le dernier Super 14. Et puis, quelle poésie : Schalk Burger aux effluves de carnassier sanguinaire, Bakkies Botha, le boucher de Pretoria sans parler de Bismarck du Plessis, le cuirassier bas du casque (à pointe évidemment). Que du finaud.

Mais ce n’est toutefois pas simple d’être méchant d’une main et de jouer au rugby de l’autre. Et ce soir, la bonne agressivité était française avec, tout d’abord, quelques mises aux points au nez et à la barbe de Botha et de Matfield, histoire de marquer le territoire, une énorme présence dans les rucks, une défense inépuisable et une mêlée destructrice. Il fallait s’aligner sur le combat collectif et le défi physique, ils l’ont fait, avec mention spéciale aux avants, à deux doigts de donner une leçon.

On ne va pas faire un commentaire exhaustif du match. Si vous ne l’avez pas vu vous le lirez ou alors ça ne vous importe pas. Mais on a aimé la volonté, l’engagement, l’abnégation et la maîtrise de l’événement par des français vainqueurs. Quand on pense même aux occasions laissées de côté en fin de match …

Ceux qui aiment le rugby ont vécu et revu moultes fois la demi-finale de la Coupe du monde 1995, perdue contre les sud-africains à Durban. Le trébuchement de Benazzi sur Saint-André et son arrêt à quelques centimètres d’un essai qui les aurait propulsés en finale. Mais les springboks ne pouvaient qu’être champions du monde, par devoir envers une nation en espoir de construction. Le pacte entre Nelson Mandela et François Pienaar, capitaine de l’époque, était d’un alliage divin. Et s’il en est qui parlent encore de truqueries et d’arrangements, je préfère me dire que oui, vraiment, Invictus, le film de Clint Eastwood qui sortira le 13 janvier prochain raconte une des plus belles histoire de notre époque. Et qu'ils étaient véritablement invincibles.

A l'instar des français, ce soir, même si Thierry Dusautoir l’a justement fait remarquer à la fin du match : « il faut savourer ce que nous avons fait mais nous ne sommes pas champions du monde ». Ca sent quand même bon, l’état d’esprit qui permet de le devenir.

Vite, un WE


Coincée entre la chute d’un mur qui nous a fait revivre quelques souvenirs « sportifs » et la présence de celui, dressé devant nos footballeurs samedi, l’actu sport a eu du mal à fournir de l’aspérité en ce milieu de semaine. Même la commémoration de la fin de la Grande Guerre s’y est mise, nous rappelant que 14 et 18 étaient des chiffres historiques. Espérons-le pour les bleus, toute comparaison gardée.

Certains ont pourtant essayé de choper le créneau.

Bernard Laporte par exemple, l’avait choisi pour sortir son bouquin sur le fameux ministre qui ne lui serrait pas la main et la fameuse ministre qui ne le soutenait pas. Ca va, rien de bien grave, Eric Raoult ne lui demandera pas de droit de réserve. Vu qu’en plus, il ne vise pas le Goncourt et qu’il ne dit rien sur le Président, tout va bien.

C’est aussi le cas du rugby avec son premier test-match d’automne, vendredi, contre les sud-africains champions du monde. Là aussi, ça fait pschiit. Entre la barricade springbok et le barrage irlandais, les media ont jeté leur dévolu. On ne peut pas leur en vouloir, quand ça risque de ne pas tourner rond il y a du potentiel émotionnel en perspective.

Le tennis, lui, attend gentiment le WE, malin. Un léger frisson avec la défaite de Federer à son entrée dans le tournoi mais bon, Bercy encore pleine à minuit pour des Del Potro – Gonzalez, et deux français toujours en lice pour une finale tricolore, ça peut laisser quelques espoirs pour ce WE. Pour l’instant, le bonheur sera dans l’après.

Il y en a un, une ou des, je ne sais pas, qui en a (ont) bien profité en revanche. C’est celui, celle ou ceux qui a (ont) décidé que le sport ne ferait pas partie des priorités de distribution de la trentaine de milliards d’un grand emprunt à venir. Rien à dire sur celles définies mais c’est quand même toujours la même histoire du parent pauvre. Parent, mais pauvre. Pour une fois qu’on avait un président à bloc de footing et de vélo. Peut-être que le malaise vagal l’aura refroidi sur les bienfaits de l’effort physique … Dommage.

Mais je ne veux pas finir sur ce grand emprunt, allons vers les grands embruns. Ou du moins, le peu qu’on en trouve. Lancée le 8 novembre dernier du Havre vers le Costa Rica, on a l’impression que les participants de la transat Jacques Vabre ne sont jamais partis. Sur le site du premier quotidien sportif, on trouve même plus facilement l’accès à la transat virtuelle que vers d’éventuels articles autour de la course. Ah si, ne soyons pas sévères, aujourd’hui il y en avait un dont le titre était : « « Crêpes Wahou ! » s’envole ». C’est sûr, ça fait rêver …

mercredi 11 novembre 2009

Le pari des paris


Personne ne mettrait sa main à couper que la France sortira gagnante du duel qui va l’opposer à l’Eire dans la course à la Coupe du monde 2010. Pourtant, si l’on classe hors catégorie l’édition de 1998, il s’agira bien d’un des plus gros enjeux de toute l’histoire du football français.

En foot, depuis longtemps, on ne parle plus de foot. On parle de foot et de billets de 100 balles. Je me souviens de France-Bulgarie en 1993 et des commentaires de ceux qui avaient investi sur l’EDF. Aux soirs de deux matchs cauchemardesques, ils se sont retrouvés avec leurs contrats signés, des engagements pris, notamment les médias, et plus personne pour les respecter. « Pas de Coupe, rien dans la soucoupe » comme disait la madame pipi du Parc des Princes.

Je me souviens également des sponsors dépités lors de l’édition 2002. Plus l’équipe s’enfonçait dans le ridicule, plus les sommes engagées paraissaient disproportionnées, dispendieuses, ridicules elles aussi. Le gouffre se creusait pour les uns et pour les autres tandis que les supporters, eux, s’accrochaient tant bien que mal à la théorie qui dit qu’il n’y a qu’arrivé au fond que l’on peut reprendre son élan. Si ce n’est pas trop profond …

Mais cette fois-ci, c’est plus complexe.

D’un côté, le sport. Important pour le public, spécialisé ou non, certains techniciens et quelques amoureux. D’un autre le foot. On vient d’en parler. D’un autre encore, les paris sportifs et la législation française qui tergiverse. A qui profite le crime ? La loi française déjoue ? … va savoir.

Quoi qu’il en soit la situation est la suivante : poussée par la commission européenne, la France avait promis la libéralisation des paris sportifs en ligne au 1er janvier 2010. Finalement, au mieux tout cela ne passera en lecture au Sénat qu’au premier trimestre. Je vous laisse apprécier le chemin de croix Sénat – Assemblée, recours de l’opposition et procédure d’attribution des licences. Le 11 juin 2010 paraît bien proche tout à coup et la Coupe du Monde aura commencé. Que la France perde les barrages et ce sera une catastrophe pour le foot français. Qu'elle gagne alors que la libéralisation n'est pas effective et ce sera une perte potentielle très sèche pour les caisses de l'Etat.

Alors je ne sais pas si la France se qualifiera et si on entonnera un truc genre « et un et deux et trois zéros » (ce n’est pas parce qu’on a l’Eire qu’on aura la chanson). Mais je ferais bien un petit pari. Celui que si elle gagne, le projet qui s’enlise reviendra sur le dessus de la pile et tout sera online on time. Qui est de l’argent comme tout le monde le sait.

lundi 9 novembre 2009

A Petra


Ma plus jeune fille regarde encore une fois Ariel, la Petite Sirène, fascinée par cette histoire extraordinaire. Ca me rappelle d'autres ondines aux destins tout aussi incroyables, même si moins romantiques.

En cette fin des années 70, les Jeux de Moscou approchent. Le survêt Adidas floqué DDR ne fait pas encore fureur chez les cintrés de la tendance et la planète sport se demande si un humain de troisième type n’est pas en train de naître de l’autre côté du mur. Inscrites aux compétitions féminines de natation, Petra Schneider, Andrea Pollack ou Barbara Krause semblent en effet comme prises d’un effet de mode. Ou comme sous la mode d’effets de prises …

On sent bien, en tout cas, qu’elles ne mangent pas comme nous, de l’autre côté du mur et au-delà. Une femme nouvelle voit le jour et franchement, c’est très impressionnant. Au début c’est une vision : les épaules carrées (cubiques ?), la démarche marquée par les airs militaires, le cou très franc. Le même effet qu’un mauvais casting dans un film ; Jean Reno en Amélie Poulain. Ensuite c’est une sensation : elles gagnent, voire elles explosent tout le monde telle Petra Schneider qui met dix mètres à Sharron Davies sa dauphine en finale à Moscou. « Enfin » ce sont des sons. C’est grave docteur ? La plus célèbre réplique est celle de cet entraîneur répondant aux questions de journalistes intrigués par la tonalité des voix des nageuses : « elles sont là pour nager, pas pour chanter ».

Dans une RDA alignée sur les préceptes propres aux pays de l’est, le sport est un outil de propagande. Pas de tergiversations philosophiques sur l’identité nationale, les sportifs en seront l’emblème, leurs résultats la preuve qu’elle existe, qu’elle est forte et flamboyante. Toute chose étant égale par ailleurs, le dopage devient juste un moyen, si ce n’est légal, du moins institutionnel. Et donc on ne discute pas. Anabolisants, testostérone, hormones de croissance, on déclenche une grossesse quelques semaines avant une compétition pour profiter du climat hormonal optimal et d'un meilleur transport d'oxygène (on nage puis IVG, enfin le V...), on fait gonfler les ventres ou on prend des « vaccins anti-fatigue », …

Qui saura jamais la réalité et la dimension de l’enfer vécu par ces jeunes filles et ces jeunes garçons pour qui l’horreur ne s’est pas arrêtée le 9 novembre 1989 avec la destruction d’un mur ? Même si, dès 1990, des révélations commencèrent à voir le jour, pour Petra et les autres il fait encore nuit aujourd'hui. Une nuit de malaises cardiaques, de malformations, de stérilités, ...

A propos de mur qui tombe, et maintenant que moultes ex-sportives (Petra Schneider en tête) et ex-entraîneurs de l’ex-RDA ont avoué la systématique étatique du dopage en ces années rouges mais noires, si l’on rayait tous les records des plaquettes et qu’on repartait de zéro ? Sans trop d’illusions mais, quand ils sont beaux, vraiment beaux, les symboles sont toujours nécessaires.

dimanche 8 novembre 2009

Peter Mauer


Quand je suis né, le mur était déjà là. Quelques années plus tard, encore petit, je me souviens avoir tapé contre lui, avec mes ballons, pendant des heures. C’était, à l’époque, les plus belles heures de ma vie.

Nous habitions une petite maison à Rochefort-sur-mer et je ne me souciais pas encore des demoiselles mais plutôt de retrouver les copains, après l’école, pour rejouer les matchs des ronds Verts ou ceux des Bleus ovales. Malgré les parties et les devoirs j’avais du temps devant moi. Alors je tapais contre ce mur qui bordait notre jardin et je rêvais. Un jour je frappais un penalty vainqueur, à la dernière seconde de la finale de la coupe d’Europe, et les supporters hurlaient notre joie. Un autre je réussissais la pénalité de la dernière chance à 50m des poteaux, en coin, le soleil et le vent dans les yeux, une frappe « monumentale » envoyant mon ballon gonflé à la bouche, entre les barres de mon imaginaire qui n’avait pas de limites. J’étais aux anges et ce mur était mon paradis. Je sais, pour en avoir rencontré au fil des ans, que beaucoup d’anciens enfants comme moi, ont fait les mêmes rêves contre d’autres murs. Certains les ont concrétisés, d’autres non mais qu’importe, nos enfances ont été belles puisque nos vies étaient rêvées sans cesse.

A l’heure où l’on va célébrer les vingt ans de la destruction du Berliner Mauer, je ne peux m’empêcher de me demander si des enfants comme nous tapaient sur cette barrière. Y avait-il des endroits où les barbelés laissaient des ouvertures ? A défaut d’ouvrir vers l’ouest, quelques interstices offraient-ils un espace vers les coupes d’Europe et les pénalties ? Sans doute choisissaient-ils d’autres parois, moins proches de la digue. Je les aurais quand même bien vu, bombarder jours et nuits ce conglomérat de bêtise, tentant de conjurer le mauvais sort d’un 12 août 1961. Mais comment s’imaginer ? Comment se mettre à leur place ? Rien que les mots ne semblent pas les mêmes : taper, frapper, bombarder. Tout à coup l’on entend la colère et la fureur. Dans ce contexte-là, ils sonnent durs, des mots d’adultes.

Il devrait exister un conte qui dirait autrement le mur de la honte.

Il était une fois un jeune garçon qui s’appelait Peter. Quand il naquit, le mur était déjà là. Quelques années plus tard, encore petit, il se promis de taper contre lui chaque jour, avec un ballon, cadeau de son parrain, une légende du foot ouest-allemand. Les mois et les années passèrent. Un soir de novembre 1989, sur un dernier coup-franc, un dernière rêve d’enfant et de liberté, le mur céda, aspirant les espoirs et la fureur des désirs. La suite est une autre histoire mais, pour Peter, ce neuvième jour de novembre fut le plus beau jour de sa vie.

Le kynodesme


Il paraît qu’avant, dans l’antiquité, les Jeux Olympiques ressemblaient au Cap d’Adge l’été. Une spartiate’touch qui avait mis au placard la mode du caleçon moulant apporté par les Minoens. C’était, semble-t-il, pour être plus à l’aise dans la performance. Moi je dis qu’ils étaient un peu exhib. Surtout quand on sait que les seules personnes qui ne pouvaient pas assister aux Jeux étaient les femmes mariées. Les hommes, la grande prêtresse de Demeter (je vous la présenterai) et les jeunes filles oui, les baronnes, à la piaule. Un peu comme si les femmes des joueurs de foot d’aujourd’hui étaient interdites de stade alors que leurs amoureux gambaderaient in naturalibus devant un parterre de minettes et de jolis garçons.

Ou bien c’était une partie de leur culture qui n’avait pas encore avancé ou alors ils étaient bien vicelards les premiers de la piste. En tout cas ils étaient coquets puisqu’ils portaient quand même une fine bande de cuir, le kynodesme, autour du prépuce. L’ancêtre du bandeau dans les cheveux …

Le fait est que ça ne pouvait pas durer.

Déjà, pour les sports collectifs vous faites comment ? Les nus d’un côté et les sans culottes de l’autre ? La natation ça passe encore mais le 110 m haies ? Et le Tour de France ? Non, vraiment c’était une très mauvaise idée et ils en conviendraient. Surtout qu’avec la télé, les gros plans et tout le toutim, déjà qu’on en voit certain(e)s répondre aux itw toujours du même côté parce que c’est leur meilleur profil, là, il faudrait quasiment qu’ils (elles) inventent de nouvelles techniques.

Non, nous on est moderne maintenant. On s’habille et on s’écrit dessus. Comme ça on communique. Par exemple, Kool Shen va avoir son nom et celui de son album sur le maillot de Lyon pour le prochain OL/OM. Un cadeau d’un site de paris sportifs en ligne qui ne peut occuper cette place qu’il a déjà payée. C’est malin sauf si vous ne citez pas son nom mais juste celui de Kool Shen. Ils devraient mettre aux enchères l’emplacement pour le match d’après. Ce serait rigolo que ce soit la Française des Jeux qui les remportent. Enfin, pas pour le fameux site. Lui, ça lui serrerait plutôt le kynodesme

vendredi 6 novembre 2009

Un ange passe


Après les chanteurs, les sportifs. On a connu le succès (enfin lui surtout) de Grégoire, sponsorisé par les internautes via le site MyMajorCompany. Pas grand chose depuis mais ça ne fait rien, un concept marketing qui a fait « sa » preuve c’est un concept marketing qui a « un » potentiel. Et s’il est déclinable ne nous en privons pas. Après la musique donc, le sport.

Un multicoque ? Non, trop coûteux. Une équipe de foot ? Non, trop trop coûteux. Une écurie de Formule 1 ? Non, trop trop trop coûteux.

On va plutôt faire dans le tennis.

Quelques boites de balles, des déplacements en train ou en bus à l’ancienne, une ou deux raquettes, un polo Lacoste et en route vers les Masters ! Bon, pour l’instant ça démarre, hein, sur www.tennis-angels.com. La plus « soutenue » par les internautes, Claire Feuerstein, est à 6 460€. Ca va l’aider bien sûr mais quand même, va falloir sortir les oursins des poches sinon, elle va pas tutoyer les anges longtemps. Quand on voit les fringues qu’il faut pour aller aux soirées avec Sharapova ou les sœurs Williams, ça va vite lui grever son budget à la petite. Non moi ce que je dis c’est que ça permet de se rendre compte que l’on ne croit plus vraiment dans notre jeunesse.

Sauf dans le golf.

Là on est solidaire. Il n’y a pas de Golf-angels.com (allez-y, googleisez vous verrez). Tout le monde se serre les coudes. Les parents (qui ont vendu les voitures et se sont mis aux Cartes Flying Blue Platinum), les amis (qui ont le parcours derrière la maison), les grands-parents (qui prennent en charge le matériel chaque année) et ce moniteur si sympa qui dort parfois à la maison. Non, y a pas à dire, heureusement qu’il reste des valeurs parce que voir ce spectacle affligeant à la limite de la prostitution moi je dis c’est franchement limite. Bien sûr il y a toujours espoir qu’il y ait un(e) « Grégoire » du sport alors, vu qu’elle est en tête autant qu’elle continue. Mais enfin, pourquoi elle se mettrait pas au golf la petite Claire ? Ce serait plus simple non ?

En attendant, moi, je vais aller créer Footeuxprofessionnels-angels.com. Avec tous les problèmes de DIC qu’ils ont, faut montrer un peu de solidarité en période de crise quand même.

jeudi 5 novembre 2009

The right place


On dit dans ce cas que c’est l’histoire d’un talent ou d’un caprice. La saga presque banale d’une forte personnalité au talent naissant qui trouble son monde par l’apparence d’une trop grande science du Je.

Ils ont été nombreux comme ça, déboulant avec la fraîcheur d’une nouveauté, les poches remplies d’aspiole et le visage porteur d’un futur plus beau, mais ne rencontrant jamais l’écho d’un terrain d’expression. Souvent, cette situation se vit au cœur des sports collectifs, là où chacun doit jouer pour l’équipe, pour les autres et pour lui. C’est alors que les priorités paraissent s’inverser et le « pour lui avant tout autre » porter les traits de la suffisance et de l’égoïsme. Si le talent se confirme dans l’immense, on pardonne longtemps. Mais si le sentiment perdure, si « les autres » ne supportent plus de passer après ce qui leur semble un excès, des caprices ou des passe-droits, alors la fronde s’élève et le talent ne suffit plus. Même s’il y a méprise, il n’y a plus de défense possible. Il faut partir.

Les premiers à faire les yeux doux sont souvent les plus grands adversaires d’avant, arguant de leur volonté de faire éclore ce qui n’a pu s’exprimer. L’offre est souvent alléchante, parfois c’est même une nouvelle vie qui s’offre, at the right place. On en profite alors pour s’ouvrir aux autres et ça devient une autre version de la théorie de l’évolution. Parfois aussi, le mal-être se confirme et la pente devient terriblement abrupte.

On a vu passer comme ça d’illustres inconnus, "champions du monde" poussins puis perdus. On a aussi connu des Cantona. Je me plais à penser que Rama Yade devrait se présenter aux municipales en Angleterre, à Manchester.

mercredi 4 novembre 2009

Antikop

C’est dingue cette histoire de hand-ball féminin. Vous avez sans doute vu cette vidéo où Gunnar Prokop, entraîneur de l’équipe autrichienne de Niederösterreich et huit fois vainqueur de la Ligue des Champions, rentre sur le terrain sur la dernière contre-attaque de l’équipe de Metz pour l’empêcher d’avoir une ultime occasion de remporter le match. On parle de lui maintenant comme de l’entraîneur le plus anti-sportif de l’histoire. Espérons qu'il gagne ce prix.

Suspendu pour trois ans de toute compétition organisée par l'EHF, il devra également payer une amende de 45 000 euros, a été banni à vie de toute fonction au sein de la fédération et son club se voit infliger une amende de 30 000 euros. Mais comme c’est un homme rigoureux, il a fait appel, estimant que la fédération européenne «doit respecter ses propres statuts et son propre règlement, ce qui n'a pas été le cas avec la décision rendue ». On ne rigole pas avec le respect chez Gunnar Prokop.

La presse autrichienne en profite pour rappeler qu’il a fait la une des journaux pendant des années pour de nombreux propos misogynes. Un entraîneur d’une équipe féminine qui méprise les femmes ça doit pas être loin du sadisme ou d’un truc comme ça. En tout cas, lui expliquait qu’il n’avait pas vu d’autres solutions pour éviter de perdre le match. Ca montre le niveau de réflexion d'un homme élu entraîneur du siècle en 2007 (j'espère qu'ils parlaient du XXème). Et encore heureux qu’il n’y ait pas eu d’armes à feu sous ses yeux à ce moment-là, on se demande ce qui lui serait passé par la tête.


You'll never score alone


« Chaque pas doit être un but ». On dirait la maxime d’un club de foot mais ce n’est que le titre des Mémoires partiels de l’ancien Président de la République, Jacques Chirac. Vous me direz, c’est le temps des prix littéraires alors tant qu’à faire autant profiter du swell. On le retrouve bien là, avec un air de « comment ? hein ? quoi ? ha non, j’avais pas fait gaffe » d'autant que l'on n'apprend visiblement pas grand chose. Mais pour lui c'était sans doute important. Ca détend son homme en plein chemin vers la correctionnelle et l’exhumation de pratiques ancestrales. Et c’est marrant tiens, ça tombe en même temps qu’une autre exhumation, celles des rémunérations, de footballeurs, déguisées en contrats publicitaires. Ca se faisait du côté de Paris paraît-il ... Peut-être qu’en fait c’était une coutume locale comme d’autres ont la pelote, les ortolans ou la vendange tardive …

« Chaque pas doit être un but ». On revoit Jacques Chirac à la finale 1998, play-backant les noms des joueurs de l’équipe de France, hurlant à tue-tête des blazes inconnus à quelques Z et quelques B près. B comme Bordeaux d’ailleurs qui, ce soir, a fait deux pas ("but" en chirac) contre le Bayern dont un, plus important, vers la qualification en huitièmes de finale. Déjà qualifié dans un groupe Juve / Bayern, on est bien loin du vieux slogan de l’actionnaire principal qui se voyait comme une petite chaîne qui monte et sans doute beaucoup plus proche d’une grande équipe qui grimpe à toute allure. Laurent Blanc a la grande classe, celle des hommes à qui rien ne semble pouvoir être impossible, tout dans la maîtrise, la justesse, l’intelligence. Et le partage de ses qualités, qui commencent à transparaître dans son équipe, dans les déclarations de ses joueurs. Bien sûr il y a encore les éternels 3 points pris qui ne sont plus à prendre et les matchs les uns après les autres qui traînent. Mais écoutez les bordelais parler, ils progressent aussi de ce côté-là et c’en devient agréable de ne plus subir l’itw d’un joueur de foot formaté aux fondamentaux rigides de la communication contrôlée tendance « double talk ».

« Chaque pas doit être un but ». Demain les anglais de Liverpool seront à Lyon avec leur fameuse devise « You’ll never walk alone ». Sans Gerrard et avec un demi-Torres ça va être compliqué pour eux de ne pas se sentir seuls. Sans doute un peu comme Jacques Chirac qui dans quelques jours, pour se donner du courage, devra penser bien fort au dernier couplet de la chanson des liverpuldiens : Walk on, walk on with hope in your heart,
and you'll never walk alone,
you'll never, ever walk alone.
Walk on, walk on with hope in your heart,
and you'll never walk alone,
you'll never, ever walk alone.

« Chaque pas doit être un but ». Quand il n’y en a qu’un à faire, c’est le dernier qui compte.

mardi 3 novembre 2009

Culture desport


Les prix littéraires arrivent, Goncourt, Renaudot ce jour. Marie N’Daye aime-t-elle le triathlon ? Frédéric Beigbeder est-il fou de surf ? Je ne sais pas, mais j’ai eu la chance de tomber sur un vieil article paru en 2000, qui recense de manière incroyable le lien qui unit depuis la nuit des temps, écrivains et desport comme le nommait Rabelais dans Gargantua. Une anecdote que vous connaissez peut-être déjà et que vous retrouverez parmi tant d’autres sur http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=36207.

Allez-y c’est une mine d’or.

On aimerait que cela détruise encore un peu plus ces vieux préceptes du genre « tout dans les jambes et rien dans le casque ». On souhaiterait que cela donne envie de (re)lire les Chroniques d’Antoine Blondin sur le Tour de France (avec une pensée pour Roger Blachon), les célébrations, par Homère ou Plutarque, des athlètes au Jeux Olympiques ou encore Carton Jaune de Nick Hornby et toute la magie de l’amour des anglais pour leur club de foot (ici Arsenal).

On souhaiterait que ces exemples légendaires fassent réfléchir sur la bêtise qui consiste à ne voir chez les sportifs (et ceux qui les suivent) que des abrutis et chez les rats de bibliothèques des élus de l’espèce humaine. On espère qu’ils permettent à tout un chacun de constater que la recherche est la même, que finalement, vivre un événement sportif ou découvrir une création littéraire c’est rechercher une émotion, un rêve, une autre histoire que la sienne même si on la retrouve parfois.

Lisez, courrez ; lisez, tapez dans un ballon ; lisez encore et jouez au tennis, puis lisez et allez voir Irlande-France à Lansdowne Road. Ensuite vous pourrez lire et enchaîner avec un petit golf ; suivront une lecture et le résumé de la dernière journée NBA. Et finalement, après une relecture incontournable et une dernière partie de tennis vous pourrez vous coucher, empli(e) de vie, de connaissance et de réflexion. Et vous serez en forme pour vous lever le lendemain et attraper un livre avant de chausser vos pompes de jogging.

lundi 2 novembre 2009

Y a comme un DIC


C’est quand même le sujet du WE. Je ne parle pas de la victoire du RCF sur le Stade Toulousain mais de la suppression du DIC (droit à l'image collective), jeudi par les députés. Ce DIC permettait aux clubs d'être exonérés de charges sociales sur 30% des rémunérations qu'ils versaient à leurs joueurs. Roselyne Bachelot était pour, Rama Yade contre, Eric Woerth pour, Xavier Bertrand contre. On ne parle pas d’une même voix dans la majorité. A l’inverse, on n’en trouve évidemment aucune dissonante du côté des présidents de clubs de foot ou de rugby. Tous contre la disparition de cet avantage fiscal qui leur a permis de retrouver de la capacité de négociation avec des joueurs à qui les championnats étrangers faisaient les euros/livres doux. On parle de grève éventuelle ou de stars déjà en partance.

Ca a l’air grave …

Bon, cela a-t-il permis d’obtenir des résultats probants depuis sa mise en place en 2004 ? Sur le plan sportif , il n’y a pas eu « gavage ». Des champions d’Europe ? Oui côté rugby avec le Stade Toulousain en … 2005 puis plus rien. Et rien du tout en foot. C’est donc bien pauvre. Même si sur le plan financier il est difficile de ne pas constater la bonne santé des clubs, notamment comparé à de nombreux clubs en Europe où l’endettement est le plus souvent une forme de gestion. Enfin, côté stars pas grand-chose jusqu’à cette année, avec le maintien de Gourcuff à Bordeaux et les retours de Chabal et de Karabatic en France. Un constat à relativiser puisque c’est aussi parce que leurs clubs étrangers avaient des problèmes de gestion financière que ces succès ont pu être obtenus.

Tout cela est bien délicat.

Surtout quand Roselyne Bachelot évoque le fait que « notre pays traverse de grosses difficultés et beaucoup de Français n’auraient pas compris que ce système perdure." On parie que beaucoup de français ne comprennent déjà pas que pas mal d’autres systèmes perdurent sans qu’il en soit tenu compte ? …. Non, on a du mal à comprendre la stratégie. La défense du sport de masse contre le sport d‘élite ? Peut-être bien mais alors il va falloir revoir aussi le système économique du sport mondial qui participe du système économique mondial tout court. Pourquoi pas ? Toutefois on jurerait bien que tous les discours faits autour d’une moralisation de l’économie n’aient pas été suivis d’effets. Pourquoi serait-ce différent pour le sport professionnel ?

Quoiqu’il en soit, on sent que la principale motivation dans la mesure prise est d’emmerder le monde des clubs. Franchement, demander à ce que cela s’applique dès janvier 2010 alors que l'on sait pertinemment que les clubs se sont engagés sur des contrats pluriannuels en tenant compte du fait que cette mesure durerait jusqu’à 2012 comme prévu, si ça ce n’est pas chercher la grosse bête, il faudra m’expliquer.

Donc ça ne passera pas au Sénat début novembre, les députés reverront leur copie et tout cela rentrera dans l’ordre. Mais méfiez-vous messieurs les présidents, les réunions de 2012 se préparent déjà et certains sujets semblent devoir être réglés avant cette date, par ailleurs à référence présidentielle elle aussi …

vendredi 30 octobre 2009

Ca m'Agasse


Agassi a avoué avoir pris des substances illicites en 1997, l'une de ses plus mauvaises années. Il est malin le coquin. Un peu de spice pour la sortie d’Open : an autobiography, et depuis la publication des meilleures pages on entend tout le monde. De Federer à Nadal en passant par Bubka ou Dick Pound. Il n'y a guère que Serena Williams qui ne s'en émeuve, préférant suggérer ... la sortie de sa bio perso. Voilà un problème pour elle, une telle bombe dans un autre bouquin que le sien, qui est responsable de l'éclairage ?!!

Mais pourquoi le monde se focalise-t-il sur ce point ? Je veux dire, pourquoi ne se pose-t-on pas la question de savoir ce qui s'est passé avant et après 1997 ? Dédé soutient que c'est durant cette année 97 que sa situation personnelle étant tracassée, il fricote avec la Crystal meth pour les mauvais résultats que l'on sait (descendu à la 122ème place). Puis, alors qu'il arrête tout, il remonte en 1998, devient l'un des joueurs à avoir gagné les quatre tournois majeurs et 6ème mondial.

Pourquoi pas …

Cela aurait été quand même un autre barnum s'il avait annoncé que sa prise de drogue s'était faite à partir de 1998 ! Et on aurait une explication scientifique à sa remontée des enfers, au-delà de celles que l’on avait jusque-là, à savoir la volonté, le courage, le talent, un nouvel amour et le travail. Moi je préfère y croire alors je vais rester sur la version vintage. Et je trouve même que cette petite révélation rend l’histoire plus humaine.

Car après tout, et si personne ne doit aller vers l'encensement de la prise de drogue qui est évidemment une belle merde, comment ne pas se dire qu'il est presque attendu de lire cela. On forme des gamins de 5 ou 6 ans, on les enferme, on les met en circuit comme on en met en batterie et un jour, jeune comme pouvait l'être Agassi en 90 à Roland-Garros, la célébrité arrive avec un compte en banque ouvert pour une émancipation enfin disponible. Si l'entourage n'apporte pas l'équilibre nécessaire il devient compliqué de ne pas répondre aux tentations, à 20 ans et toutes ses dents bien blanches. Si ce n’est pas qu’un coup de pub pour son bouquin, il n’est jamais trop tard pour expliquer les raisons d’une connerie et l’assumer. C’est sans doute ce que comprendront certains joueurs encore jeunots et qui ne se privent pas aujourd'hui de faire de grandes leçons de morale sur la vie et ce qu’il faut en faire. Celle d’Agassi est un destin hors du commun. Ce n’est pas Disneyland. Il va falloir que certains l’admettent avec tout ce qui va avec.

Finalement, ce qui m’a le plus touché dans ces fameuses meilleures pages, ce n’est pas la Crystal meth mais plutôt la perruque. Vous vous souvenez du short en jean à Roland 90 ? Alors vous devez aussi vous souvenir de cette coupe de cheveux improbable, nuque très longue, décolorée avec bandeau intégré. Et bien c’était une perruque. Quand je pense à tous ces types qui commandaient la coupe « Agassi » et qui liront le bouquin du Dédé, ils vont se sentir bien cons tout d’un coup. Un peu trahis peut-être …

mercredi 28 octobre 2009

Apple moi


Il y a plusieurs explications autour de l’appellation de New-York, « the Big Apple ». Celle de John FitzGerald aux accents de garçons d’écurie afro-américains, celle des musiciens de jazz qui avaient le trac et donc la pomme d’Adam qui remontait. Ou encore celle des « pommes irrésistibles » de Mlle. Evelyne Claudine de Saint-Évremond, tenancière d’un salon de rencontres haut de gamme où les jeunes filles rivalisaient de beauté et de qualités intellectuelles et où les jeunes gens de bonne famille venaient croquer ces « fruits d’Eve » …

Enfin, la mienne, totalement véridique.

Mais je vais pas tout balancer tout de suite. A vouloir en parler j’ai déjà eu assez de pépins comme ça. Moi je dis ça, c’est parce qu’il a plu toute la journée à niouiorq et que je suis d’humeur massacrante. Je voulais traverser la city, de Battery Park à Central Park, au petit matin comme dans un film de Scorsese, avec la fumée qui sort des bouches d’égouts et des hommes. Et puis la pluie. Des trombes d’eau, de haut, de loin, de fort. Je me suis débiné mais c’était vraiment pas du plaisir. Je voulais un soleil rasant sur Financial District, une rosée sur Midtown South, une Vème comme un boulevard. Non, j’ai préféré retourner dans mon lit. J’avoue. C’était bien aussi. C’est plus tard, dans la journée que ça m’a repris. J’ai pesté contre les éléments, les dieux grecs et romains qui offrent l’avantage d’avoir de grosses descendances. On peut mettre des noms sur des visages, c’est pratique pour jurer. J’avais raté un truc je le sentais bien. Ca m’a passé un peu et puis en sortant ce soir de Mamma Mia (j’assume ABBA), j’ai vu un mec courir le sourire aux lèvres sur Broadway, direction Uptown. Il m’a remis la tête sous l’eau. Bien fait pour ma pomme.

mardi 27 octobre 2009

Marathon de NY, taille XXS


J’avais dit 6h. Bon ce fut 7h. Non pas que j’ai feignassé ou que j’ai refusé le recul d’une heure en France. C’est juste qu’en me levant vers 6h, j’ai buté sur mon livre de chevet du moment : « Le Club des incorrigibles optimistes » de Jean-Michel Guenassia. Une première somme recommandée par mon ami Jean-Marie Milou de « Milou & Dufay, Culture et Communication ». La grande classe. J’ai buté dessus et j’ai décidé alors d’en continuer quelque pages, réfugié dans la salle de bain de notre petit appart de location new-yorkais. Malgré l’attraction du bouquin, l’appel de la forêt était là et donc, une petite heure plus tard (quand même !), j’enfilais la tenue avec casquette des Knicks - a french touch – pour filer au Park.

J’avais calculé : un petit km pour y aller, deux bons kms là-bas et un dernier pour rentrer. Ca me faisait comme qui dirait un « mini-marathon de New-York ». A défaut du vrai, j’étais assez content de m’être fixé un objectif aussi bien défini. Du moins d’un point de vue marketing personnel.

Dans la première partie de la « course », technique et bitumeuse, je n’ai pas rencontré beaucoup de concurrents. Sans doute ne se sentaient-ils pas de taille ou alors je m’étais trompé de rues. Le fait est que j’arrivais bon premier à l’entrée de la 86ème est. Quelques mètres encore et j’accédais à mon Graal : le Réservoir Jackie Kennedy Onassis. Celui autour duquel Dustin Hoffman tournait pour optimiser ses performances de Marathon man. La deuxième partie de mon défi débutait et le cauchemar aussi. J’ai dû me faire doubler 8 ou 9 fois, dont deux par la même jeune femme. Je la soupçonne de s’être arrêtée, de m’avoir laissé repasser et d’avoir pris un malin plaisir à me re-ridiculiser. Mais je me vante sans doute. Des filles, des garçons, tous normaux, je veux dire pas des « marathon men » ou « women » justement. Des gens qui semblaient juste venus pour prendre un grand bol d’air avant un bon bol de café. Pas plus. Et moi je ramais autour du lac. J’ai toutefois fais mon tour, mes deux kms et quelques et je rejoignais la sortie pour la 86ème quand soudain, je pris un second coup sur la tête. En fait, les vrais joggeurs, ceux qui bombardent de la foulée, ils tournent sur une autre piste, en contre-bas. Et ceux-là, c’est du sérieux. Mes « doubleurs » ne sont pas invités. C’est en pensant à ça que le transitif me revint à l’esprit. S’ils n’étaient pas au niveau des « vrais », et moi pas au leur, où en étais-je par rapport aux « vrais » ?

C’est le « nul part » de ma réponse qui manqua me faire vaciller alors que je venais d’entamer la troisième et dernière partie de mon projet qui battait de l’aile mais que je tenais à finir, la tête à peu près haute (toute chose étant égale par ailleurs). Je due sans doute mon maintien à peu près décent au fait que mon attention fut attirée ailleurs. Il était maintenant 8h et sur la Vème avenue, des gamins d’à peine 10 ans hélaient des taxis pour les emmener à l’école. Moi, à leur âge, je pédalais comme Bernard Hinaut, heureux de rêver avant d’être enfermé. Derrière le mythe j’avais ma réalité, mes cheveux à moi dans le vent, mes ascensions gagnées avenue de la Poste, mes descentes vertigineuses rue des bouchers et mes sprints finaux sous la banderole du porche de l’école.

Encore aujourd’hui je me faisais le rêve d’un marathon. XXS, mais d’un marathon quand même. Non, ils ne gâcheraient pas mon dernier tronçon. Alors j’ai accéléré comme si j’allais rater la sonnerie de 8h et je suis arrivé, en sueur, le souffle court pour ce qu’il en restait. Ma femme commence à se faire su souci. Elle doit penser que je deviens vieux. Alors que moi, je sais que je suis en train de rester jeune.

lundi 26 octobre 2009

Naïki store


Première journée à New-York. Pas encore couru mais pour ce qui est de marcher, je suis bien placé. En parlant de ça, dans quelques jours le marathon croquera la pomme et il vaudra mieux venir avec un temps de référence sinon le départ aura rattrapé le décalage horaire d’un européen en challenge international avant que les premiers milliers se soient élancés. C’est comme ça à NY City. Tous ensemble mais chacun sa place.

Au fait, peut-on dire que NY est une ville sportive ? Je ne parle pas de savoir s’il y a plus ou moins 0,25 piscine par habitant ou combien de m2 de pelouse sont retirés aux chiens pour l’amour du jogging. Je parle de sentir une ambiance, une culture, une façon de vivre.

En partant de JFK, le taxman ne voulait pas discuter basket ou base-ball. Pas sportif ? Si, mais fan de soccer. Comme un européen moyen en fait. Mais pourquoi ? « I don’t know man, I like it that’s all ». Il a raison, pourquoi se poser dix mille questions. Quand on aime on ne compte pas si bien dire. Ceci dit ce gars aime le foot, le tennis et on ne s’attend pas à ça. On veut du Knicks ou du Jets, savoir qui va gagner le championnat pour succéder aux Lakers. Lui, il s’en fout mais il sait que Beckam est là. Il a aussi entendu parler d’une rumeur sur une éventuelle venue du « captain of the french team ». Il connaît son sport. Alors on a parlé foot (franchement il était vraiment balèze, j’étais très fatigué … et je ne voyais pas comment l’obliger à me donner son avis sur Tony Parker ou la consommation du pop-corn aux matchs de base-ball). Mais on a pu dériver un peu sur « the marathon, man ». Et c’est vrai que la ville semble assez sensible à l’événement. Asics est présent sur les bus, les hôtels sont bookés pour la fin de semaine, et l’on note une agitation forte du côté de Central Park. Devant la salle des Knicks (les pauvres, décidemment) une guide disait à son groupe : « Voici la salle où les Knicks perdent tous leurs matchs. Mais les gens viennent toujours les voir ». Les magasins de sport, voire de chaussures de sport pullulent et le NBC Store a même une grande partie de sa vitrine consacrée à NBC Sport juste à côté de l’espace des TV Series. Il y a bien une première impression que NY a sa part de sport.

Après, c’est peut-être voir ce que l’on a envie de voir … ce que l’on a toujours eu envie de voir.

Je me rappelle le début des années 80 et le déboulé des Nike et des survêts Kappa. Ca c’était une révolution pour qui aimait le sport. Ca mettait du glamour, du tendance, ça devenait hype de se promener en "Naïki" avec un bas de pantalon au logo écrit à la verticale. A l’époque, il y avait un modèle qui tombait chaque 6 mois et c’était celui-là qu’il fallait avoir. Aujourd’hui les « Naïki » stores proposent, à Paris comme à NY , de personnaliser. On atteint le graal du sportif trendy : le modèle qu’il faut avoir, mais à ses couleurs. L’unique dans l’incontournable. Ah ça, si on nous l’avait dit début 80, on aurait pensé que ça n’existait qu’aux US, voire qu’à NY. C’est un peu ce que je reproche à ma journée. De ne pas avoir pris en pleine face une exception sportive, quelque souvenir à ramener pour dire combien « c’était inattendu de voir cette pompe incroyable, ce mec qui faisait ceci et cette façon qu’ils ont de vivre le sport au quotidien ». Mais je suis évidemment plus vieux qu'il y a bientôt trente ans, je vois moins bien. Demain, 6h je me lève et je vais courir à Central Park. Je veux savoir ce qu’il y a au-delà de "Naïki" Store.

dimanche 25 octobre 2009

NY! NY!

It's my birthday. I am in NYC and my next jogging will take place in Central Park ! See you later for a sporting vision of NY!

vendredi 23 octobre 2009

Eire – France : M6 1 – TF1 0 (à la mi-temps)


Ca devait arriver. TF1 a perdu un match de l’équipe de France de foot.

Est-ce de bonne ou de mauvaise augure avant la vraie rencontre ? Moi je trouve que ça met un peu de fraîcheur dans le poste, ça rappelle que la terre tourne. Il paraît que TF1 aurait perdu pour des questions de relations humaines. L’ « entraîneur » et le « capitaine » ne s’entendaient plus sur la stratégie … Je ne parle pas de Raymond et de Thierry mais de Nonce et d’Axel, respectivement Pdt et DG (ex maintenant) du groupe. C’est leurs affaires mais quand même, la question se pose : est-ce possible que leur « différend » ait pu engendrer à lui seul ce résultat ?

A voir.

Et en regardant bien, on s’aperçoit, selon L’Equipe.fr et l’AFP, que M6 aurait « négocié directement avec le détenteur des droits de la fédération irlandaise pour retransmettre le match. Selon certaines sources, les négociateurs irlandais ne se sont pas adressés à la société Sportfive, qui négocie habituellement les droits télévisuels des Bleus, mais ont appelé directement les chaînes françaises ». Quel rapport ? Quel est le lien avec la « défaite » de TF1 ? Il faut dire que les vents ne sont plus les mêmes depuis le 1er octobre dernier et la sanction conjointe de Sportfive et de la FFF par l’Autorité de la concurrence à une amende solidaire de 6,9 millions d'euros «pour s'être entendues afin d'éliminer toute concurrence dans la commercialisation des droits marketing de la Fédération». (proustienne comme phrase non ?) Il ne fait guère de doute que nos amis irlandais, qui ne disent pas « Yes » facilement, ont pris le temps de passer par le meilleur canal, en évitant l’habituel, pour faire monter les prix. Et M6 a payé le prix fort voilà tout. On est passé en nocturne et ça change tout pour ceux qui n’avaient pas les bonnes ampoules.

Alors oui, peut-être que la guéguerre interne a pu brouiller la clairvoyance de certains au point d’en arriver à cet échec si remarqué dans la presse. Soit. Restons-en là et laissons les journalistes faire leur travail. Let’s stop here and let journalists do their job. Lassen Sie uns aufhören hier und lassen Sie es auch Journalisten tun ihre Arbeit. Fermiamoci qui e lasciare che i giornalisti fanno il loro lavoro.

Après tout, le plus embêtant pour nous n’est-il pas dans « Qui va commenter ? » ?

Ce n’est pas un nouveau jeu de télé-réalité mais la réalité de notre télé. Qui va commenter ce match ? Thierry Roland ? Waouh, j’en connais un qui va être content de faire la nique à ses anciens patrons. En revanche, je suis moins sûr côté téléspectateurs … Moi je ne suis pas un amoureux du foot. J’aime bien mais sans plus. En revanche, j’ai mes goûts de commentateurs (Margotton) ou de consultants (Wenger, Dugarry). Et quand il n’y a pas mes préférés, ceux qui me font vivre l’événement avec justesse tout en m’apprenant des choses avec richesse et bien ça me gâche le plaisir. Même si c’est un grand événement. Surtout si c’est un grand événement. Et là, Thierry Roland, autant on peut respecter la longévité de carrière autant je sais que je vais mettre une barrière. Il aime le foot, il en connaît des masses mais j’ai jamais accroché au côté j’en fais des tonnes et parfois des pas mûres. C’est pas quali, c’est lourdaud. Encore, si c’était un comique, le répétitif serait son genre. Mais là c’est sérieux et quand il se risque du côté de la blagounette, la pesanteur s’accentue comme par désenchantement. Il a le droit de commenter et de ne pas battre en retraite. On a le droit de penser que l’argent ne fait pas tout, qu’aujourd’hui acheter et revendre un produit ne suffit plus. On est jugé sur le service. Et là, je ne suis pas sûr que M6 soit 100% gagnant at the end of the day comme disent les anglais. Et les irlandais aussi d’ailleurs …