vendredi 30 octobre 2009

Ca m'Agasse


Agassi a avoué avoir pris des substances illicites en 1997, l'une de ses plus mauvaises années. Il est malin le coquin. Un peu de spice pour la sortie d’Open : an autobiography, et depuis la publication des meilleures pages on entend tout le monde. De Federer à Nadal en passant par Bubka ou Dick Pound. Il n'y a guère que Serena Williams qui ne s'en émeuve, préférant suggérer ... la sortie de sa bio perso. Voilà un problème pour elle, une telle bombe dans un autre bouquin que le sien, qui est responsable de l'éclairage ?!!

Mais pourquoi le monde se focalise-t-il sur ce point ? Je veux dire, pourquoi ne se pose-t-on pas la question de savoir ce qui s'est passé avant et après 1997 ? Dédé soutient que c'est durant cette année 97 que sa situation personnelle étant tracassée, il fricote avec la Crystal meth pour les mauvais résultats que l'on sait (descendu à la 122ème place). Puis, alors qu'il arrête tout, il remonte en 1998, devient l'un des joueurs à avoir gagné les quatre tournois majeurs et 6ème mondial.

Pourquoi pas …

Cela aurait été quand même un autre barnum s'il avait annoncé que sa prise de drogue s'était faite à partir de 1998 ! Et on aurait une explication scientifique à sa remontée des enfers, au-delà de celles que l’on avait jusque-là, à savoir la volonté, le courage, le talent, un nouvel amour et le travail. Moi je préfère y croire alors je vais rester sur la version vintage. Et je trouve même que cette petite révélation rend l’histoire plus humaine.

Car après tout, et si personne ne doit aller vers l'encensement de la prise de drogue qui est évidemment une belle merde, comment ne pas se dire qu'il est presque attendu de lire cela. On forme des gamins de 5 ou 6 ans, on les enferme, on les met en circuit comme on en met en batterie et un jour, jeune comme pouvait l'être Agassi en 90 à Roland-Garros, la célébrité arrive avec un compte en banque ouvert pour une émancipation enfin disponible. Si l'entourage n'apporte pas l'équilibre nécessaire il devient compliqué de ne pas répondre aux tentations, à 20 ans et toutes ses dents bien blanches. Si ce n’est pas qu’un coup de pub pour son bouquin, il n’est jamais trop tard pour expliquer les raisons d’une connerie et l’assumer. C’est sans doute ce que comprendront certains joueurs encore jeunots et qui ne se privent pas aujourd'hui de faire de grandes leçons de morale sur la vie et ce qu’il faut en faire. Celle d’Agassi est un destin hors du commun. Ce n’est pas Disneyland. Il va falloir que certains l’admettent avec tout ce qui va avec.

Finalement, ce qui m’a le plus touché dans ces fameuses meilleures pages, ce n’est pas la Crystal meth mais plutôt la perruque. Vous vous souvenez du short en jean à Roland 90 ? Alors vous devez aussi vous souvenir de cette coupe de cheveux improbable, nuque très longue, décolorée avec bandeau intégré. Et bien c’était une perruque. Quand je pense à tous ces types qui commandaient la coupe « Agassi » et qui liront le bouquin du Dédé, ils vont se sentir bien cons tout d’un coup. Un peu trahis peut-être …

mercredi 28 octobre 2009

Apple moi


Il y a plusieurs explications autour de l’appellation de New-York, « the Big Apple ». Celle de John FitzGerald aux accents de garçons d’écurie afro-américains, celle des musiciens de jazz qui avaient le trac et donc la pomme d’Adam qui remontait. Ou encore celle des « pommes irrésistibles » de Mlle. Evelyne Claudine de Saint-Évremond, tenancière d’un salon de rencontres haut de gamme où les jeunes filles rivalisaient de beauté et de qualités intellectuelles et où les jeunes gens de bonne famille venaient croquer ces « fruits d’Eve » …

Enfin, la mienne, totalement véridique.

Mais je vais pas tout balancer tout de suite. A vouloir en parler j’ai déjà eu assez de pépins comme ça. Moi je dis ça, c’est parce qu’il a plu toute la journée à niouiorq et que je suis d’humeur massacrante. Je voulais traverser la city, de Battery Park à Central Park, au petit matin comme dans un film de Scorsese, avec la fumée qui sort des bouches d’égouts et des hommes. Et puis la pluie. Des trombes d’eau, de haut, de loin, de fort. Je me suis débiné mais c’était vraiment pas du plaisir. Je voulais un soleil rasant sur Financial District, une rosée sur Midtown South, une Vème comme un boulevard. Non, j’ai préféré retourner dans mon lit. J’avoue. C’était bien aussi. C’est plus tard, dans la journée que ça m’a repris. J’ai pesté contre les éléments, les dieux grecs et romains qui offrent l’avantage d’avoir de grosses descendances. On peut mettre des noms sur des visages, c’est pratique pour jurer. J’avais raté un truc je le sentais bien. Ca m’a passé un peu et puis en sortant ce soir de Mamma Mia (j’assume ABBA), j’ai vu un mec courir le sourire aux lèvres sur Broadway, direction Uptown. Il m’a remis la tête sous l’eau. Bien fait pour ma pomme.

mardi 27 octobre 2009

Marathon de NY, taille XXS


J’avais dit 6h. Bon ce fut 7h. Non pas que j’ai feignassé ou que j’ai refusé le recul d’une heure en France. C’est juste qu’en me levant vers 6h, j’ai buté sur mon livre de chevet du moment : « Le Club des incorrigibles optimistes » de Jean-Michel Guenassia. Une première somme recommandée par mon ami Jean-Marie Milou de « Milou & Dufay, Culture et Communication ». La grande classe. J’ai buté dessus et j’ai décidé alors d’en continuer quelque pages, réfugié dans la salle de bain de notre petit appart de location new-yorkais. Malgré l’attraction du bouquin, l’appel de la forêt était là et donc, une petite heure plus tard (quand même !), j’enfilais la tenue avec casquette des Knicks - a french touch – pour filer au Park.

J’avais calculé : un petit km pour y aller, deux bons kms là-bas et un dernier pour rentrer. Ca me faisait comme qui dirait un « mini-marathon de New-York ». A défaut du vrai, j’étais assez content de m’être fixé un objectif aussi bien défini. Du moins d’un point de vue marketing personnel.

Dans la première partie de la « course », technique et bitumeuse, je n’ai pas rencontré beaucoup de concurrents. Sans doute ne se sentaient-ils pas de taille ou alors je m’étais trompé de rues. Le fait est que j’arrivais bon premier à l’entrée de la 86ème est. Quelques mètres encore et j’accédais à mon Graal : le Réservoir Jackie Kennedy Onassis. Celui autour duquel Dustin Hoffman tournait pour optimiser ses performances de Marathon man. La deuxième partie de mon défi débutait et le cauchemar aussi. J’ai dû me faire doubler 8 ou 9 fois, dont deux par la même jeune femme. Je la soupçonne de s’être arrêtée, de m’avoir laissé repasser et d’avoir pris un malin plaisir à me re-ridiculiser. Mais je me vante sans doute. Des filles, des garçons, tous normaux, je veux dire pas des « marathon men » ou « women » justement. Des gens qui semblaient juste venus pour prendre un grand bol d’air avant un bon bol de café. Pas plus. Et moi je ramais autour du lac. J’ai toutefois fais mon tour, mes deux kms et quelques et je rejoignais la sortie pour la 86ème quand soudain, je pris un second coup sur la tête. En fait, les vrais joggeurs, ceux qui bombardent de la foulée, ils tournent sur une autre piste, en contre-bas. Et ceux-là, c’est du sérieux. Mes « doubleurs » ne sont pas invités. C’est en pensant à ça que le transitif me revint à l’esprit. S’ils n’étaient pas au niveau des « vrais », et moi pas au leur, où en étais-je par rapport aux « vrais » ?

C’est le « nul part » de ma réponse qui manqua me faire vaciller alors que je venais d’entamer la troisième et dernière partie de mon projet qui battait de l’aile mais que je tenais à finir, la tête à peu près haute (toute chose étant égale par ailleurs). Je due sans doute mon maintien à peu près décent au fait que mon attention fut attirée ailleurs. Il était maintenant 8h et sur la Vème avenue, des gamins d’à peine 10 ans hélaient des taxis pour les emmener à l’école. Moi, à leur âge, je pédalais comme Bernard Hinaut, heureux de rêver avant d’être enfermé. Derrière le mythe j’avais ma réalité, mes cheveux à moi dans le vent, mes ascensions gagnées avenue de la Poste, mes descentes vertigineuses rue des bouchers et mes sprints finaux sous la banderole du porche de l’école.

Encore aujourd’hui je me faisais le rêve d’un marathon. XXS, mais d’un marathon quand même. Non, ils ne gâcheraient pas mon dernier tronçon. Alors j’ai accéléré comme si j’allais rater la sonnerie de 8h et je suis arrivé, en sueur, le souffle court pour ce qu’il en restait. Ma femme commence à se faire su souci. Elle doit penser que je deviens vieux. Alors que moi, je sais que je suis en train de rester jeune.

lundi 26 octobre 2009

Naïki store


Première journée à New-York. Pas encore couru mais pour ce qui est de marcher, je suis bien placé. En parlant de ça, dans quelques jours le marathon croquera la pomme et il vaudra mieux venir avec un temps de référence sinon le départ aura rattrapé le décalage horaire d’un européen en challenge international avant que les premiers milliers se soient élancés. C’est comme ça à NY City. Tous ensemble mais chacun sa place.

Au fait, peut-on dire que NY est une ville sportive ? Je ne parle pas de savoir s’il y a plus ou moins 0,25 piscine par habitant ou combien de m2 de pelouse sont retirés aux chiens pour l’amour du jogging. Je parle de sentir une ambiance, une culture, une façon de vivre.

En partant de JFK, le taxman ne voulait pas discuter basket ou base-ball. Pas sportif ? Si, mais fan de soccer. Comme un européen moyen en fait. Mais pourquoi ? « I don’t know man, I like it that’s all ». Il a raison, pourquoi se poser dix mille questions. Quand on aime on ne compte pas si bien dire. Ceci dit ce gars aime le foot, le tennis et on ne s’attend pas à ça. On veut du Knicks ou du Jets, savoir qui va gagner le championnat pour succéder aux Lakers. Lui, il s’en fout mais il sait que Beckam est là. Il a aussi entendu parler d’une rumeur sur une éventuelle venue du « captain of the french team ». Il connaît son sport. Alors on a parlé foot (franchement il était vraiment balèze, j’étais très fatigué … et je ne voyais pas comment l’obliger à me donner son avis sur Tony Parker ou la consommation du pop-corn aux matchs de base-ball). Mais on a pu dériver un peu sur « the marathon, man ». Et c’est vrai que la ville semble assez sensible à l’événement. Asics est présent sur les bus, les hôtels sont bookés pour la fin de semaine, et l’on note une agitation forte du côté de Central Park. Devant la salle des Knicks (les pauvres, décidemment) une guide disait à son groupe : « Voici la salle où les Knicks perdent tous leurs matchs. Mais les gens viennent toujours les voir ». Les magasins de sport, voire de chaussures de sport pullulent et le NBC Store a même une grande partie de sa vitrine consacrée à NBC Sport juste à côté de l’espace des TV Series. Il y a bien une première impression que NY a sa part de sport.

Après, c’est peut-être voir ce que l’on a envie de voir … ce que l’on a toujours eu envie de voir.

Je me rappelle le début des années 80 et le déboulé des Nike et des survêts Kappa. Ca c’était une révolution pour qui aimait le sport. Ca mettait du glamour, du tendance, ça devenait hype de se promener en "Naïki" avec un bas de pantalon au logo écrit à la verticale. A l’époque, il y avait un modèle qui tombait chaque 6 mois et c’était celui-là qu’il fallait avoir. Aujourd’hui les « Naïki » stores proposent, à Paris comme à NY , de personnaliser. On atteint le graal du sportif trendy : le modèle qu’il faut avoir, mais à ses couleurs. L’unique dans l’incontournable. Ah ça, si on nous l’avait dit début 80, on aurait pensé que ça n’existait qu’aux US, voire qu’à NY. C’est un peu ce que je reproche à ma journée. De ne pas avoir pris en pleine face une exception sportive, quelque souvenir à ramener pour dire combien « c’était inattendu de voir cette pompe incroyable, ce mec qui faisait ceci et cette façon qu’ils ont de vivre le sport au quotidien ». Mais je suis évidemment plus vieux qu'il y a bientôt trente ans, je vois moins bien. Demain, 6h je me lève et je vais courir à Central Park. Je veux savoir ce qu’il y a au-delà de "Naïki" Store.

dimanche 25 octobre 2009

NY! NY!

It's my birthday. I am in NYC and my next jogging will take place in Central Park ! See you later for a sporting vision of NY!

vendredi 23 octobre 2009

Eire – France : M6 1 – TF1 0 (à la mi-temps)


Ca devait arriver. TF1 a perdu un match de l’équipe de France de foot.

Est-ce de bonne ou de mauvaise augure avant la vraie rencontre ? Moi je trouve que ça met un peu de fraîcheur dans le poste, ça rappelle que la terre tourne. Il paraît que TF1 aurait perdu pour des questions de relations humaines. L’ « entraîneur » et le « capitaine » ne s’entendaient plus sur la stratégie … Je ne parle pas de Raymond et de Thierry mais de Nonce et d’Axel, respectivement Pdt et DG (ex maintenant) du groupe. C’est leurs affaires mais quand même, la question se pose : est-ce possible que leur « différend » ait pu engendrer à lui seul ce résultat ?

A voir.

Et en regardant bien, on s’aperçoit, selon L’Equipe.fr et l’AFP, que M6 aurait « négocié directement avec le détenteur des droits de la fédération irlandaise pour retransmettre le match. Selon certaines sources, les négociateurs irlandais ne se sont pas adressés à la société Sportfive, qui négocie habituellement les droits télévisuels des Bleus, mais ont appelé directement les chaînes françaises ». Quel rapport ? Quel est le lien avec la « défaite » de TF1 ? Il faut dire que les vents ne sont plus les mêmes depuis le 1er octobre dernier et la sanction conjointe de Sportfive et de la FFF par l’Autorité de la concurrence à une amende solidaire de 6,9 millions d'euros «pour s'être entendues afin d'éliminer toute concurrence dans la commercialisation des droits marketing de la Fédération». (proustienne comme phrase non ?) Il ne fait guère de doute que nos amis irlandais, qui ne disent pas « Yes » facilement, ont pris le temps de passer par le meilleur canal, en évitant l’habituel, pour faire monter les prix. Et M6 a payé le prix fort voilà tout. On est passé en nocturne et ça change tout pour ceux qui n’avaient pas les bonnes ampoules.

Alors oui, peut-être que la guéguerre interne a pu brouiller la clairvoyance de certains au point d’en arriver à cet échec si remarqué dans la presse. Soit. Restons-en là et laissons les journalistes faire leur travail. Let’s stop here and let journalists do their job. Lassen Sie uns aufhören hier und lassen Sie es auch Journalisten tun ihre Arbeit. Fermiamoci qui e lasciare che i giornalisti fanno il loro lavoro.

Après tout, le plus embêtant pour nous n’est-il pas dans « Qui va commenter ? » ?

Ce n’est pas un nouveau jeu de télé-réalité mais la réalité de notre télé. Qui va commenter ce match ? Thierry Roland ? Waouh, j’en connais un qui va être content de faire la nique à ses anciens patrons. En revanche, je suis moins sûr côté téléspectateurs … Moi je ne suis pas un amoureux du foot. J’aime bien mais sans plus. En revanche, j’ai mes goûts de commentateurs (Margotton) ou de consultants (Wenger, Dugarry). Et quand il n’y a pas mes préférés, ceux qui me font vivre l’événement avec justesse tout en m’apprenant des choses avec richesse et bien ça me gâche le plaisir. Même si c’est un grand événement. Surtout si c’est un grand événement. Et là, Thierry Roland, autant on peut respecter la longévité de carrière autant je sais que je vais mettre une barrière. Il aime le foot, il en connaît des masses mais j’ai jamais accroché au côté j’en fais des tonnes et parfois des pas mûres. C’est pas quali, c’est lourdaud. Encore, si c’était un comique, le répétitif serait son genre. Mais là c’est sérieux et quand il se risque du côté de la blagounette, la pesanteur s’accentue comme par désenchantement. Il a le droit de commenter et de ne pas battre en retraite. On a le droit de penser que l’argent ne fait pas tout, qu’aujourd’hui acheter et revendre un produit ne suffit plus. On est jugé sur le service. Et là, je ne suis pas sûr que M6 soit 100% gagnant at the end of the day comme disent les anglais. Et les irlandais aussi d’ailleurs …

jeudi 22 octobre 2009

Les artisans de l'Olympe


La flamme olympique allait être allumée sur le mont Olympie avec envoi illico vers Vancouver et moi j'étais devant le Palais Brongniart, à Paris et pas assez couvert. Pas de regret j'avais rendez-vous avec Jean-Christophe Repon, l'un de mes amis passé directement des stades de rugby français (champion avec Toulon en 1992) aux joutes de défenses des intérêts des artisans de France (pourtant c'était pas un gros plaqueur !). Un soir de dîner il m'avait en effet gentiment proposé de venir découvrir son monde lors des 2èmes Etats Généraux de l'Economie de Proximité, sous la gouverne de l'Union Professionnelle des Artisans.

Table ronde avec Président et Vice-Présidents, banquier, universitaire, chercheur, syndicaliste. Ca tourne autour de la formation, de prêts plus ou moins consentis, de l'évolution de la globalisation vers la localisation, de "glocal", de "première entreprise de France", de "made in près de chez vous" (ma préférée). Ca rentre dans le sujet et ça débat un peu aussi. On comprend bien ce qu'ils veulent, ce dont ils ont besoin. D'être en concurrence mais solidaires aussi. D'asseoir des bases marketing et achat pour être plus performants en appui du terrain. De pousser des revendications qui me paraissent à moi, béotien en la matière, plus que recevables. Le Ministre, Laurent Wauquiez, fait son intervention de Ministre et je me dis que j'ai appris pleins de choses ce matin.

Je sens un truc familier quand même. Bien sûr, les élans de solidarité font penser au sport - thème conforté par la présence de Philippe Bana, DTN de la FFHB, l'UPA étant sponsor de l'Equipe de France de Hand. Mais non, c'est quelque chose d'autre. Et ça arrive. Je découvre soudain qu'il existe une Olympiade des Métiers, la Worldskills Competition, avec Equipes nationales de -23ans, hymnes, médailles et tout le folklore ! Ca, j'avoue que non, j'y avais pas pensé ... et pourtant c'est la 40ème édition ... Jean-Christophe fait le gars qui connaît - en même temps il connaît c'est plus facile - et moi j'écoute en vidéos, les jeunes français, médailles d'or ou de bronze à la dernière Olympiade de septembre dernier parler d'entraînement, de persévérance, de mental, de précision, de créativité. Leurs maîtres d'enseignement ou entraîneurs je ne sais plus, stigmatisent leur investissement et leur volonté, leur goût de l'effort et leur amour pour leur activité. L'un dit : "c'est bien, il a été champion du monde le jour J mais maintenant c'est tous les jours qu'il va devoir l'être."

Fascinant.

On retrouve dans ces images, celles des compétitions olympiques sportives. On ne pense pas au foot, au tennis, au rugby ou au basket, ni à ces meetings de la Golden League, non. On pense à tous ces sportifs, jumeaux de ces jeunes-là, préparant pendant quatre ans un tir de carabine, une sortie de poutre ou un brossage de curling. On pense à cette simple passion de bien faire et de réussir, sans intérêt particulier pour des flashs de medias qui ne seront pas vraiment là sauf pour compter les points. On pense que c’est beau de n'avoir comme ambition que simplement de devenir le meilleur en donnant son meilleur personnel. On pense que oui, les Jeux Olympiques seront parfois achetés, manipulés ou détournés. Mais pour la grande majorité d’entre nous ils permettront de voir encore, à Vancouver bientôt comme hier à Calgary (veinards de canadiens), des artisans à Olympie.

mercredi 21 octobre 2009

Les anglais à poil, le foot a Puel


"Ca va être compliqué de passer à côté de Lyon" me disait mon kiosquier ce matin. Je suis à peu près sûr qu'il ne parlait pas des vacances de la Toussaint et de l'A6 vu que je venais de lui acheter le quotidien qui va bien et que par ailleurs il parle de ballon rond du matin au soir. "Ca va surtout être compliqué du côté de Liverpool" lui ai-je répondu au risque d'enclencher une conversation aux dimensions de discours castriste. Mais c'est vrai, ça va être raide pour les Reds, au soir d'un quatrième match d'affilé sans victoire, d'un proche avenir sans Gerrard Torres et que se profile Manchester United ... En même temps, chacun son contexte. Et le nôtre, celui de Lyon comme du rugby français, devient favorable au détriment des bretons du nord. J'ai bien écrit rugby et je m'en explique. Le week-end dernier, trois clubs de rugby français ont gagné contre les trois clubs anglais auxquels ils étaient confrontés. Hier soir, Lyon gagne à Liverpool.

Non, ce n'est pas une coïncidence.

Le rugby, jeune gardon du monde professionnel, avait développé de forts engouements financiers outre-manche, l'afflux des meilleurs joueurs du monde et les résultats qui vont avec. La fameuse crise a réduit leur voilure et les clubs se sont délestés un peu comme les pétroliers de la Mer du Nord, en espérant que ça ne se verra pas trop. Mais ils ont coulé en perdant leurs produits de luxe (Chabal, Bruno, McAlister, Faure et Saint-André à Sale par exemple), en réduisant la taille des teams donc la fameuse profondeur du banc (si quelqu'un a la mesure exacte d'ailleurs, je suis preneur) et en voyant leur meilleur des meilleurs, Sir Wilkinson, embarquer pour la rade toulonnaise. Ah, j'oubliais, cherry on the cake, ils avaient déjà fait fort avec des arlequins tricheurs et des brochettes de joueurs pris le nez dans la poudre. N'en jetez plus, ou plutôt si, de nouvelles bases pour repartir plus solidement. Mais ça prendra du temps. Et en attendant, le rugby français, plus équilibré entre formation et recrutement, remonte d'un cran au niveau européen. Comme Lyon face à un club de Liverpool qui "n'a pas pu recruter comme il aurait voulu à l'intersaison" dixit Paul Le Guen. Tiens, ça me rappelle quelque chose ...

Mais tout ça n'est pas l'essentiel.

L'essentiel est sans doute que certaines reconnaissances peuvent, du fait de ce « ré-équilibrage », enfin voir le jour. J'aimerais évoquer ici Claude Puel. J'aime bien ce mec. Une carrière de joueur fidèle à Monaco dont il deviendra l'entraîneur et qu'il ne quittera que contraint et forcé avec un titre national. Six ans à Lille pour en faire un vice-champion de France et le qualifier deux fois en Ligue des Champions. JM Aulas ne s'est pas trompé en lui donnant les rênes sportives de l’OL et cela commence à se constater au plus haut-niveau européen, comme hier face à la référence Benitez. Lyon joue mieux avec moins de stars et l'on se surprend à regarder à nouveau des matchs de foot avec intérêt. On pourrait parler aussi de Bordeaux et de Laurent Blanc mais restons sur Puel. Parce qu'il est en train de faire de Lyon ce qu'elle n'a jamais été malgré les titres : une équipe attirante, qu'on a envie de soutenir et ça, ce n'est pas rien ni donné à tout le monde.

C'est sûr, ça va être compliqué de passer à côté de Claude Puel.

mardi 20 octobre 2009

Formule zéros.


Mon premier message. Ça fait quelque chose quand même. Même si l'on se doute bien qu'à part soi et "là par hasard", le lancement risque d'être un peu confidentiel ... Mais bon, c'est un premier message et toutes les premières fois sont importantes.

Quel sujet donc, pour cette première ? Politique ? Economie ? Compétition ? People ? ...

Allez, je choisis la famille Affaires avec la Formule 1.

Pauvre sport que la Formule 1. Si peu d'intérêt pour un championnat qui n'a pourtant jamais été si ouvert mais où les ex-seconds rôles en têtes d'affiches ont ébranlé tous les plans marketing si bien huilés depuis des années par le système Ecclestone. Un champion du monde tellement peu célébré et si faiblement "couvert" médiatiquement que, s'il n'avait été le chouchou des tabloïds les années précédentes, il pourrait porter plainte pour absence de considération. Un patron de Fédération Internationale découvert par vidéo volée, en sado-maso aux goûts vert-de-gris douteux. Un ex-play-boy sur le déclin démasqué en plein trafic de contrebande mais qui veut retrouver sa fierté en faisant appel d'une décision déjà bien douce en regard de la faute et des impacts d'image. Des bouches qui s'ouvrent pour crier les magouilles passées, les pilotes qui se vendent, ceux qui s'achètent, le mérite par l'argent ou la naissance ... mais de quoi parle-t-on dans ce sport ? Ok rien n'est tout blanc mais quand même, où est le rêve ? Où sont Fangio, Senna , Prost, Clark ? Cela a-t-il commencé avec Schumacher qui veut maintenant revenir et refaire le coup dit de "Lance Armstrong" pour (re)conquérir des coeurs en mal de passion ? Moi je crois qu'un jour, quand on est moins Roi, moins puissant dans ce genre de mondes, parce que moins de moyens et d'argent, on peut faire la faute de faire comme si c'était toujours comme avant. Et là, "malheureusement", les règles ont changé, "on" ne passe plus les mêmes éponges, "on" n'avale plus les couleuvres et "on" se rebelle d'avoir été pris pour un con pendant des années.

"On" fait payer. Mosley, Briatore, les soi-disant petits génies du volant. La F1, et sans doute le sport automobile dans son ensemble, est fragilisée dans le développement qu'elle s'était choisi (plus de cash, plus de circuits, plus de spectacle et moins de sport). Parce que la crise économico- financière est là. Parce qu'elle est peu (pas ?) en phase avec les considérations environnementales nécessaires aujourd'hui. Parce qu'elle est trop aseptisée et trop visiblement contrôlée. Criarde de passe-droits et de condescendance, voire d'indifférence, elle ne fait plus rêver que le coeur de passionnés, qui font certes encore patiner l'embrayage aux feux rouges, doublent à 132km sur l'autoroute, s'achètent des voitures rouges parce que Ferrari mais qui s'y retrouvent de moins en moins quand on leur siphonne leur ... essence.

Ca m'a fait du bien de voir Button et Brawn GP Champions du monde. Sans illusions mais de l'imprévu c'est au moins ça. Et de la fraîcheur pour respirer une autre odeur.